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Confluence

Peux-tu arrêter d’être, en ce lieu, sans manifester ta présence ?
Je ne cesse de me demander si tu répondras à mon instinctif appel ;
Assurément, je le mérite, après tout.
Moi qui t’ai faite osciller avec une légère once de nonchalance ;
Mais n’est-ce pas là l’essence même du jeu ? Dans ce flou,

J’acquitte le pari que ton “oubli” n’est qu’un acte subtil
Afin de mieux transcrire le feu lors d’un imminent rappel.
Ô quintessence magistrale, sensationnelle pièce théâtrale
Du paraître qui finira par être, paraît-il …
Alors allons s’allonger non loin de cette chorale ;

Nous concevrons la toile de nos existences infinies ;
Oui, enfin finie l’infortune, ceci est sans appel.
Car l’intense gloire sourit à celui qui tente.
La Sèvre rejoindra bientôt la Loire assainie.
Le soleil se couche et de mes lèvres tu ne débouches point si distante.

Appel

Posé sur ce tendre nuage, un ange fugace.
Le ramage du piano filant au gré du vent.
Je me demande.
Je m’interroge.

Autour, le monde s’anime sereinement.
Vais-je être témoin d’un pugnace pillage ?
Je m’interroge et mande.
Je me demande et déroge.

Je n’ose qu’à peine scruter les cieux ;
Et si tu comprenais ce qui s’anime dans mes yeux ?
Entre l’énergie invisible que tu m’envoies,
Le silence que l’on conçoit,

Qui nous enlace doucement ;
Enfin, je crois. Délicieux photo-roman.
Puis, je me demande …
Je fuis et je m’interroge …

Si cette croyance si soudaine sentait seulement le soufre ;
Ce serait souffrir sans souffler.
Je ne sais s’il faut l’affirmer
Ou l’étouffer et s’en foutre.

Pourquoi tu ne changes pas

Pourquoi tu ne changes pas ?
Pourquoi tu fais du surplace ?

Fuck,

Faut que le besoin s’assouvisse.
Nique ta paresse ;
Ils apparaissent,
Quand bien même ça sera ma besace ;
Sur la terrasse
Mes fleurs s’embellissent.

Fuck,

J’sais pas moi,
Cultive toi.
T’as pas compris
Que c’était le but ?
Moi j’ai déjà passé mon ASPIC ;
Toi t’as apprécié le fruit interdit.

Tu vas vriller, vriller
Vrillez, vrillez !
Est-ce que c’est pigé ?
Pigé, pigé.

Pourquoi tu ne chantes pas ?
Pourquoi tu fais du surplace ?

Fuck,

Tu te disputes,
C’est ça le hic.
Change d’équipe.
T’as pas ton diagnostique.
Moi j’suis un auror
Face à l’horreur.

Fuck,

C’est rare.
Tu t’égares,
Déjà trop tard.
On se sépare
Sans bagarre,
Quelle tare.

Tu vas vriller, vriller
Vrillez, vrillez !
Est-ce que c’est pigé ?
Pigé, pigé.

Pourquoi tu ne changes pas ?
Ici, t’auras jamais ta place.

Fuck,

Là j’me lève à l’aurore
Pour arriver à l’heure.
Faut que tu t’ignores
Ou que tu subodores ;
Met ta pièce dans l’horodateur,
Satané adorateur.

Fuck,

Bloqué sur le rail,
En fait, tu dérailles.
Moi, j’suis pas à la conquête de l’Ouest.
J’m’en vais à l’Est. Ou est-ce
Que c’est mort et qu’en fait
Je m’entête ?

 

Eugénisme dégénéré

À vos marques, prêt ? Partez !
À peine lancés, y’en a déjà un qui est sur la ligne d’arrivée.
Il n’a pas triché, non,
Il dispose juste d’une meilleure disposition,
De biens meilleures qualifications.
C’est affiché, c’est affirmé.

Si tu ne comprends rien à ce que je t’écris,
J’espère que tu seras au moins tenté d’ouvrir un livre.
Car être ivre, c’est d’une tristesse, j’en vomis
Quand ça arrive chez un type qui ne sait plus que s’accroupir.

Je veux simplement “discuter”, eux veulent naturellement “échanger”.
Je ne comprendrai jamais leur fuite programmée,
Des Mathématiques, ils n’ont même pas une vague idée.
Je me sens sombre
Lorsque ces gens sombrent ;
Cela créé une tension qui tend Sion tant c’est entêtant.
Tu sais, la volonté n’est pas un pur pêché,
Même s’ils ont calculé le futur dans le passé.

J’ai passé le cap du col, donc, franc,
J’apporte du sens dans ta tête blanche.
Comprends-tu le chemin pentu que tu dois prendre ?
Connaissance et vertu sont maîtres mots.
C’est aussi vrai pour eux que 1 + 1 = 0.
J’avance en décalé pour les surprendre.
En haut, j’en dis plus que : “il faut les pendre”.

Quand le pire m’aborde, j’ai comme un mouvement de recul,
Et je m’étire car je sais qu’on va l’apprendre dans le cul.
Et dans le fond, c’est dans l’ombre que l’on prend de la couleur,
Donc j’abonde d’ondes positives jusqu’à ce que je pleure
Trop de fois pour ne plus foisonner d’idées
Et façonner le ciné qui m’attend à portée.

Éternel

Combien d’individus mandèrent une aide en demi-teinte,
Et combien insisteront encore au travers d’une belle complainte,
Presque gênés d’avouer qu’ils perdent pied,
Bien que tentant d’ouvrir leur cœur à ce qui leur sied.

Quelle affliction quand dans la prison les tribulations pointent vers l’inaction.
Consolation en réclusion, consternation sans la coopération,
Au bord du soupirail, immersion dans un immense foirail de perdition ;
Aïe ! En perd diction.
C’est dans la négation de ces maux que l’élocution revient.

Celui qui ferme les yeux devient-il (in)capable de culpabiliser ?
Il n’y a pas à choisir entre l’art culinaire et le crève-cœur ;
Loubard, ne te calte pas, acculé à une prostitution sous radar ;
Sois culotté pour cultiver l’air pur et culminer en cœur.

Si mes mots articulent l’abstraction de mes actions,
Et que je les martèle encore et encore –
Charmante ironie du sort –
Peut-être atterriront-ils en secret au sein du concret ?
Lui qui m’atterre, mais attire volontiers ma volonté
Vers une infinité divine qui me dénature en constellation.

 

Incantare

Tenter d’écrire devant un divertissement
Revient bêtement à plonger dans le néant,
Car la conscience est altérée par un écran de fumée
Qui raisonne d’une seule voix en soi.

Pourquoi vouloir semer tant d’effroi et de désarroi,
Si ce n’est pour briser le phantasme d’un espoir instinctif ?

Ainsi, la pensée est laissée inlassablement,
À la simple demande d’une idée factice recréant
Un semblant de réalité afin d’éclipser
Les idées créatrices pouvant surgir d’un esprit vif.

Peut-être peut-on contenter un maladroit,
Et, de surcroît, lui faire maudire un tel coi,
Mais le sagace n’enlace que fugacement
Un tel enchantement en laissant une trace.

Mirage

J’entends souvent : “si ça pète, je sors dans la rue”,
Mais tous les matins, ils partent pour la ruche.
Bientôt c’est : “prends ça et chut”, et
En fait, en veulent plus …

Il n’y a pas de solution miracle si t’es perdu dans le mirage.
Vois-tu les clivages échoués sur le rivage ?
Si t’as échoué, c’est bizarre ;
Peut-être que tu n’es pas un bon pirate ?

En ce moment, le mec sur le mirador dort beaucoup.
Il est saoul, complètement fou ;
Sec et fort, surtout.
Il t’entraîne dans une tempête sans traîner ;
En prétextant du sexe, c’est vexant,
Mais vrai.

Il dit libérer la liberté de ses chaînes grâce au progrès,
Mais en ivrogne, il nie en fait que sa besogne
Est d’être condamné à perpétuer une violence légitimée.
Sentant le bateau tangué, bientôt il se penche, gêné,
Payant grassement des garces et des gars zélés
Afin de perpétuer la farce, un dernier jour, de grâce !

Amour perdu

Où es-tu, mon amour ?
Toi qui étais là quand j’avais le plus besoin d’un toit ;
Toi qui a toujours su lire
Dans mon cœur sans pareil,
A perçu cet état sinistre qui déchire
Mon être loin du paraître.
Oui, tu soignais mon âme sans fuir,
Je le proclame sans reluire !

Où es-tu, mon amour ?
Te souviens-tu de notre vertueuse histoire ?
Y penses-tu avant de t’endormir,
Quand vient la glorieuse nuit ?
Ou suis-je la seule victime de mes illusions d’espoir,
Tournant en rond au fond du purgatoire,
A croupir, sans vie ?

Où es-tu mon amour ?
Je te retrouve par hasard dans une courte lettre,
Sentiments figés
Dans un instant qui a glissé dans le passé.
Avec pâleur,
Je contemple la douleur qui s’écourte.
Jongleur absurde,
Victime du tourment qui goutte
De ces émotions taciturnes.

Où es-tu, mon cœur ?
Si les erreurs rendent plus fort,
Elles semblent aussi pouvoir tuer, parfois.
J’en meurs d’effroi chez moi,
Entouré par un décor narquois,
En apesanteur …
Grand désarroi, ou je ne sais pas, encore.

L’esprit rejoue ce que le cœur ne peut oublier ;
Faire le deuil d’une personne toujours en vie,
Quelle drôle d’idée.
C’est perturbant de s’imaginer
Devenir de parfaits étrangers,
Pour toujours.
Je crois qu’une partie de moi t’attendra à perpétuité ici,
Ô mon amour.

Rêves et réalité

Il pleut souvent, mais pas ce soir.
Le silence est comblé, il est assez tard.
Tant de réponses qui sommeillent ;
Tant de questions qui s’éveillent.

De l’autre côté de la vitre, j’aperçois la dépression.
Mais en cet instant mythique, une si belle accélération
De la pensée, mystique intensification
Censée récompensée sans compenser.
Agencer en cadence.
Recommencer.
Ascendance.
Descendance.

Insomnie : plein état d’agitation. Haut. Milieu de la nuit.
Ensuite, je médite sur la suite qui s’ébruite.

Un conseil l’ami, suit le fil.
Ébranle la fuite dans les idées.
Dans ton œil, ôte le cil.
Vois ceci : je suis tout puissant ici, serein.
Je le crains, tu ne peux m’empêcher d’agir en martyr.
Ceux qui ne font rien ont toujours la critique facile.

Tu ne risques pas de suivre mon action le nez collé à ta télévision.
Je les admire en jubilant sur mon île fertile.
J’entame l’ascension avec passion.
Sommes-nous dans une file mercantile ?

Fantasme

Nos regards se croisent et le match commence.
Sous un fin masque d’humour, voilà un appel à l’amour.

La technique consiste en un accord tacite ;
Un simple exercice stratégique et ludique
Afin de s’assurer de l’intégrité
De l’assentiment bientôt signé.

Franc procédé spéculant sur un potentiel délassement,
Chacun visant l’impossible
En se demandant s’il est compréhensible.
Du sarcasme à l’orgasme, il n’y a qu’un seul pas à franchir ;

Mais une maladresse pourtant entraîne paresse et esseulement ;
C’est seulement en cet instant, au recul ridicule,
Que le sot comprend que le jeu s’arrête net maintenant.
A défaut d’autre chose, elle ressent un peu d’amertume en se mordant les lèvres.
Lui, déçu, comprend qu’il n’est encore qu’un simple élève en plein rêve.

Fuyons l’espérance puisque nous n’avons pas d’attente patente,
Ou laissons une légère tension en suspension pour un dernier frisson …
Ingénue survivance d’un spectacle bloqué dans un entre-deux
Et qui n’a finalement jamais eu lieu.

 

Photo © Alex Markow