Category Archives: Version française

Dissentiment

Empli de courage,
Petit avantage ;
De gros remous sur le faux perchoir visé ;
Reflet flou dans le miroir brisé.
Remplir le réservoir jusqu’au sommet,
Repli sans se rasseoir ni s’allonger.

Pluie de mouchoirs blancs,
Plus de montagnes blanches ;
Vie de boudoir en balance.
Plus de cauchemars en suffisance.

Diffraction de dix façons ;
Dit pardon de mille arçons ;
Autogestion, auto-régulation,
Confection, continuation.

Plus de mouchoirs,
Pluie de montagnes,
Plus de boudoir,
Vie de cauchemars

Et de rêves emmêlés.
La forêt est rouge ;
Pas de retour en arrière,
Vision infrarouge ;
Pulsions sèches en mêlée
Au carrefour d’hier.

Le caviar, un canular brillant,
Le calamar brûle son nectar accordant
Sa fuite sommée gratuite
Par la vacuité du maître.

Vue de l’esprit téméraire.
Tout est petit, éphémère.
Trop tard, à l’instar
Un cavalier sans cheval
S’évertue sans que cela cesse
À sauver une princesse.

Où sont les couleurs ?
Où est le souffleur ?
Du rire aux larmes,
Du cri à la rage.

Sentir la mélancolie dans la mélodie.
Le ciel est gris depuis ce midi ;
Le “oui” mute en “peut-être”
Avant la destruction du poète.

Tour dorée

Du haut de sa tour dorée,
Elle s’insurge passivement contre l’Ordre d’Or, et
A l’orée de la forêt, les pauvres font sonner la cloche.
Elle croit élaborer une corde, mais
Elle ne fait que les condamner à une mort sans auréole.
Elle se perçoit dans leurs reflets renvoyés par une eau de boue rouée de coups.

En tout cas, c’est ce qu’elle déclare aux ignares.
C’est qu’elle s’exclame mais ne s’étale pas non plus sur la fougue.
Dorénavant, elle est à genoux.
C’est navrant, et elle en veut aux vieux fous.
En tout cas, c’est ce qu’elle explique en égotique.
C’est qu’il est pénible d’éclairer en bas les sourds qui se noient.
Il est plus enviable de se voiler en vivant en sournoise.

Au fond, dans sa tour d’ivoire, elle n’y voit plus rien.
A-t-elle une seule fois perçue
Le monstre qui l’a rendue si cossue ?
Elle décide de ne plus y croire pour ne pas choir,
Et c’est son choix … Oui, est-ce son choix ?
C’est cruel ; mais qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Son orfèvre la pare de parures osées,
Et elle se penche parfois pour que l’on voit son décolleté.
Peut-être peut-elle ainsi les faire décoller ?
Elle ne s’épanche plus vers l’appel de la forêt ;
Remplace la corde par un fouet,
Car c’est le prix à payer pour s’isoler

En haut de sa tour dorée.

Terre-neuvier

Du haut de son trois-mâts, le matelot siffla sans amertume.
Dans la tempête déchaînée, tout espoir semblait s’être noyé
Sous les flots. Et soudain, une terre se distingua dans la brume.
Lui, apitoyé, dévoyé, déchiré, pouvait à nouveau s’éployer.

Et de là, ô possible mirage, il croyait apercevoir un paisible rivage.
La crainte se transformait en attente et soulagea son jeune âge.
Le tumulte exulte l’occulte insulte d’un sultan inculte.
Est-il sous le joug d’une frénésie ? Il ausculte. Il en résulte
Que le continent s’étend devant ses globes ébahis. Est-il trahi ?
Quelle est cette infamie qui affame l’affabilité de son être et le maudit ?

Quête provisoire, assidûment dérisoire.
Passionnant repoussoir, expiant déversoir.
N’aurait-il pas dû se noyer dans le tourbillon de ce torrent ?
N’a-t-il pas connu cette région ennoyé en oisillon balbutiant ?

Noir

Un peu de musique pour parfaire les contours.
Son cœur s’ouvre perpétuellement à elle car il est sien.
Il est sien, et il l’offre sans retour en un détour.
Mais il se meurt souvent quand elle s’élance sur d’autres chemins.

Donnons-nous la main en s’adonnant au temps autant que possible,
Offrons-nous à chacun en se montrant tout le chagrin disponible.

Ô désespoir au comptoir !
Quelle est cette cambrioleuse
Qui miaule sa ritournelle ?
La plus belle créature de l’Éternel,
Si prodigieuse, si merveilleuse,
Renvoie un miroir noir.

Quelle est cette peur ? Lui, il n’a horreur que de lui.
Parfois, il croit qu’ils se ressemblent plus qu’elle ne l’envie ;
Ou est-ce son esprit qui lui joue des tours, ô amour ?
Le temps s’écroule et il s’écoule loin de la foule.
Il s’essaye juste à la vie, et il veut qu’elle en fasse partie.
Car si elle est partie ; comment peut-il trouver à l’harmonie ?

Icare

Ainsi, il entre en méditation,
Et entame la dynamique de création.
Grande sensibilité et compassion ;
Pensées et sentiments au travers d’observations.

Introspection – Association
Structuration – Composition ;
Introspection – Association
Structuration – Composition.

L’empathie extrême exalte un cyclone timide.
Noué, mais incroyablement calme.
Il en pâtit exprès face au cyclope typique :
Tout ceci n’est qu’une légère accalmie.

Une loupe amplifiant intimement le moi,
Grâce à une capacité de concentration
Qui se témoigne sûrement le soir,
Parce que la particularité est aberration.

En prolongeant, il affronte les expériences.
La paix est rance après une nuit d’errance ;
Entre les turbulences, il n’a pas d’expectance.
L’absence est pure ambivalence et purifie le silence.

Conforme

Puisqu’en ville il n’y a plus grand monde qui cultive son jardin,
J’essuie la vile Iliade en franc monstre qui poursuit son dessein.
Fantassin mutin d’une triste armée sans nom qui fustige le coquin.
Félin témoin d’une brise fanée dans l’ombre, qui éblouit le souverain.

Quand je sors dehors, c’est toujours ciblé.
J’vais rarement dans les endroits où ils veulent mes gros billets.
Ego brisé, terroriser, être opprimé, est beau qui l’est.
Quand je dors, mon corps est tout fou, si c’est
Vrai, rien de tout mou, tu peux voir mes crocs briller.
Égaux prisés, terreau, risée, être haut, primer, est beau qui l’est.

Se conformer à la norme, c’est échapper à la vie.
Se condamner à la mort, c’est s’en sortir.
Ceux qui ont formé la norme sont tous horribles.
Ce con damné à mort est encore pire.

Sinon s’en accoutumer. Ne plus voir le sang agglutiné ;
Ne plus faire d’échanges, à butiner.
Ne plus saisir sa chance, à lutter.
Le sens me coule du nez, je n’ai plus de temps pour roupiller.

Depuis

Depuis que je vise le ciel, je ne vais plus très bien ;
Et quand je regarde en arrière, je vois s’effacer le chemin.
J’ai vu s’exclamer les vieux singes.
J’ai plus de temps à perdre avec ces pieuses timpes.

Depuis que je prie le ciel, je suis plus serein ;
Et quand ma tombe sera sous terre, je crois qu’j’aurais gagner le Malin.
Sache que c’est pas sensas’ sans Sartre.
J’claque ça car ça ne réfléchit même pas dans les facs.

Depuis que je crie dans le ciel, je ne vais plus très bien.
Et quand je m’enfonce plus bas que terre, je dois m’abandonner au destin.
J’me fais une raison, la majorité des gens sont trop cons.
Juste des rois de l’inaction, j’m’en vais loin de leur prison.

Depuis que je vis dans le ciel, je vais plus que bien ;
Un simple regard sur Terre, et je vois s’échapper le matin.
Qu’est-ce qu’il faut sacrifier pour que j’me barre de là ?
J’ai vu s’esclaffer les Dieux pour moins que ça.

Travail(le)

J’travaille sur mes beaux projets à paraître.
Qu’est-ce que tu fais ici loin de ton maître ?
Tu n’peux pas débouler ici si t’es un traitre.
P’t-être que j’peux bouger d’ici par la fenêtre ?
Qu’est-ce que je fais ici à part être ?
Qu’est-ce que tu fous ici à paraître ?

Tu m’embarrasses, j’veux
Pas de ta crasse, j’veux
Pas de tes liasses, j’veux
Pas de ta chiasse.

J’veux, j’veux
J’veux des billets de banque
Pour pouvoir les brûler ;
J’veux pas voir les sirènes blanches
Avant d’pouvoir briller.

J’vais au taf sans mes gros projets.
Mais qu’est-ce que tu fais ici près de ton maître ?
Tu ne peux pas débouler ici si t’es un traitre.
P’t-être que je peux bouger d’ici par la fenêtre ?
Qu’est-ce que je fais ici à paraître ?
Qu’est-ce que tu fais ici à paraître ?

Tu m’examines, j’veux
Pas de ta cyprine, j’veux
Pas de ton fils, j’veux
Pas de ta pisse.

T’es pas vieux mais t’es déjà courbé.
Passez-moi l’feu que j’les fasse tous cramer.

Dernier niveau

J’ai souvent préféré la cour de récréation à vos cours et à vos leçons.
C’est surtout au lycée que la courbe s’est inversée dans l’fond.
Sur le pavé, j’avance avec détermination ;
Sur le papier, je suis responsable de ma création.
Je serai moi-même à n’importe quel prix,
Avec ou sans money, j’ai plein d’envies.
 
Je ne compte plus les désintégrations positives,
Maintenant je veux vivre.
Donc je vis ma vie en vis-à-vis de vous,
Si tu ne comprends pas mes rimes,
C’est qu’elles te plient le cou.
Je me suis mis à genoux en équilibre,
J’oscille entre gouffres et sommets,
Au fond j’y prends goût avant le grand sommeil.
 
Je démarre dynamique car je maîtrise la dynamite ;
Quoi t’as pas compris ? J’ai de l’empathie dans mon cartable
Cadeau tragique car le parcours n’est ni facile ni confortable
Les cartes sont sur la table, je cours vers la cible.
 
J’ai trouvé ma propre voie tout seul,
J’ai écouté ma petite voix toute seule ;
J’ai atteint l’harmonie,
Conscient de mes décisions bâties
Sur une hiérarchie choisie.
Mes expériences sont intenses, ressenti accru,
Perception puissante, tu n’y as pas cru.
J’ai développé des aptitudes spécifiques,
T’es écœuré par ma perception magique,
Poétique, et tragique.
 
Je suis en lutte, mais plus avec moi-même,
Je ne fais plus que ma crème.
Ils resteront dans une intégration primaire,
Il ne m’en restera qu’un goût amer,
Il ne me restera qu’à faire l’amour à ton esprit,
Car il n’y a plus de corps ici.

Creare

Mes paupières s’ouvrent et déjà le flot de pensées me recouvre
D’un voile de poussière qui se dévoile après un autre rêve de pierre.
J’ai vu la fin s’approcher et j’erre.
Je ne sais pas si j’ai tort de croire qu’hier est déjà mort.
Je me souviens avoir posé mon regard sur ce dernier instant,
Assistant sans méfiance au présent croupissant.
Dehors, j’entends le chant des oiseaux ; mais bientôt
Une musique triste s’immisce et m’envoûte sous la voûte.
 
Voilà un moellon plongé dans un puits sans fond où l’adieu tombe en disgrâce,
Parce qu’une succession de saisons s’enfuit dans la nuit de glace.
S’éloigner, c’est cesser d’exister peu à peu et renoncer au désaveu.
Revoilà une partie de moi qui s’offre à toi qui demeure en tout lieu et à toute heure.
Je sais que tu as peur, mais sache que la solitude de l’esprit envahit aussi mon cœur.
Je l’ai appris au cours d’une morne stupeur antérieure
Qui subsistera bien au-delà de cette sinistre esquisse.
 
Pourquoi est-ce que je me perds systématiquement hors du temps ? Pourquoi est-ce que je persiste ainsi en fantaisiste assis sur la frise ?
J’insiste parfois avec allégresse, m’éloignant d’une certaine paresse.
Il paraît qu’il ne reste presque rien de magique dans ce quotidien tragique.
Le soleil mélancolique se lève et enlève le doute critique qui s’égoutte :
Le liquide tacite s’est écoulé et j’ai pu m’arrêter pour créer.