Category Archives: Philosophie politique

Siège

Je me consume,
Pendant qu’ils se consolent
En consommant.
Tout est si lent
Dans le silence

Omnium omniprésent,
Homologué par les omnipotents.
Si la farce paraît factice,
Elle fabrique néanmoins les Hommes dans l’éternel
Depuis presque trop longtemps,
Tronquant la frêle senteur naturelle
Contre une pelle de malices
Pour le moins tranchante.

Si abscons d’assumer la faim,
Je suis bien trop cynique pour y mettre fin ;
S’il ne reste plus rien,
Laissons tout au Malin.

En orphelin,
J’hallucine d’être un avec toi ;
Enfin,
Se prélasser sur le toit.
Puis, nous pourrions éveiller la lanterne ;
Lutter comme deux zèbres ;
Se poursuivre dans l’ombre d’une caverne ;
S’enferrer allongés dans les ténèbres.

Immensité gênante, eau troublée,
En attendant que l’on s’harasse et crève.
Si l’on ne concourt plus dans cette immonde régate,
En ce monde, personne n’est là pour le relever.
Lève les bras et grogne,
Rêve de l’approche au fond du lac ;
Domine et cogne
Pour réduire la cité à une profonde fièvre.

 

Novlangue

À l’aube, on s’adapte à l’époque ;
En inapte éclopé, presque apôtre ;
J’fume pas de clope mais …
J’porte, à l’affût, en secret.

Les cours m’auront appris à apprendre ailleurs.
Bienvenue dans la réalité orwellienne,
Danse de l’absurdité humaine,
Ou de la complaisance taciturne d’ailleurs.

Marketons le terrorisme pour légitimer la surveillance ;
Soyons “attentifs ensemble”, tuons l’empathie en avance.
Pas de problème, même sans étiquette je me promène,
Je professe loin de leurs promesses.

Saisir l’épée, puis le sceptre.
Brandir la paix pour tous les siècles ;
Avenir à venir,
Je peux l’observer sans fuir.

Une fissure s’est trouvée entrouverte.
On l’aperçoit perçante comme un spectre.
En dilettante, j’inspecte
Pendant qu’eux siègent sur leur siège.

Dépouiller

Devant moi, une louve et un chacal.
Tension palpable qui couve là.
Je joue les cartes de la carpe,
Du renard et du lion.
Tel un jouet agreste,
J’assiste au procès.
“Endure la plus dure des structures”
Chuchote le chien,
Faible murmure.
Je l’entends pourtant si bien.

Désolé de douter de votre vérité dépouillée,
En questionnant amèrement, mais simplement :
Pourquoi cherchez-vous tant à l’imposer ?
Vous vous méprenez, reprenez vos billets,
Je ne troquerai pas la pensée de mon individualité
Pour me conformer à votre monde rêvé.

Faux idéalistes, avec vous je n’insiste pas exprès ;
Le vrai de vos mots s’en va pulvériser l’incompréhension
De l’existence d’alternatives, si subtiles, si fragiles.
Vous voulez les briser, c’est presque discret.
S’il faut battre en brèche, au risque de vous brusquer,
Je ne céderai jamais à votre fouet à demi visible.

Monde en carton

À nouveau, l’essence s’anime et s’aligne,
Tout se liera bientôt en ces lignes.
Le chaos quotidien s’éclipse
Pour une symphonie si subtile.
Les violons et le piano,
Le champ des oiseaux en leur sillon ;
Les voix d’anges planant au-dessus, si haut !
Chefs d’orchestre d’une ordonnée lamentation,
Divinement élégante de tension.

Dix minutes de méditation, céleste équilibre ;
Enfin libre. Probité de l’action ;
Et qui le sait pourchasse toujours cette poésie.
Oui, je ne le nie,
L’autonomie la génère sans permission.
En face : des ex-individus,
Perdus sans mère mission.
Aucune sincérité ne siègera jamais crue
En terre du démon.
Les masques ne trépassent
Qu’à l’arrêt pentu
De ce monde en carton.

Hommage à la Catalogne

À Bruxelles, c’est le silence.
On ne sait pas encore de quel côté de la balance penche la finance.
Non pas qu’elle soit forcée d’en choisir un :
Elle peut rester sereine en souveraine, c’est certain.
En cas de sécession,
La Commission pourra valider le processus d’accession.
Reste une question :
Qu’apportera réellement l’exclusion de cette région ?

À la télévision : « Bonsoir », vite, vile vision tronquée :
Absence du symbole et des drapeaux rouge et noir.
Les élites cherchent encore à éviter la houle de leur pire cauchemar.
Des propagandistes indépendantistes propagent leurs messages sur les réseaux sociaux ;
Certaines images sont manipulées et proviennent de manifestations passées.
On dira que c’est de bonne guerre, chacun défendant ardemment ses idéaux.

Si les milieux radicaux s’emparent de l’affaire,
C’est peut-être pour éclairer ce qu’ils espèrent ;
Mais il est clair que les événements,
Malheureusement,
Ne forme qu’une révolution bourgeoise de plus.
Indépendance ou non, l’ordre ne changera pas plus.

Sans rancoeur, les vainqueurs vanteront les mérites économiques de leur faux libéralisme,
Afin d’asseoir leur pouvoir fraîchement obtenu dans ce faux schisme,
Attaquant le gouvernement espagnol qui, de peur, cède au fascisme.
Comme c’est triste et pourtant fascinant d’assister à ce leurre impotent !
Pourtant cet événement reste important, même si rien ne change vraiment.

Pourquoi tu ne changes pas

Pourquoi tu ne changes pas ?
Pourquoi tu fais du surplace ?

Merde,

Faut que le besoin s’assouvisse.
Nique ta paresse ;
Ils apparaissent,
Quand bien même ça sera ma besace ;
Sur la terrasse
Mes fleurs s’embellissent.

J’sais pas moi,
Cultive toi.
T’as pas compris
Que c’était le but ?
Moi j’ai déjà passé mon ASPIC ;
Toi t’as apprécié le fruit interdit.

Tu vas vriller, vriller
Vrillez, vrillez !
Est-ce que c’est pigé ?
Pigé, pigé.

Pourquoi tu ne chantes pas ?
Pourquoi tu fais du surplace ?

Merde,

Tu te disputes,
C’est ça le hic.
Change d’équipe.
T’as pas ton diagnostique.
Moi j’suis un auror
Face à l’horreur.

C’est rare.
Tu t’égares,
Déjà trop tard.
On se sépare
Sans bagarre,
Quelle tare.

Pourquoi tu ne changes pas ?
Ici, t’auras jamais ta place.

Merde,

Là j’me lève à l’aurore
Pour arriver à l’heure.
Faut que tu t’ignores
Ou que tu subodores ;
Met ta pièce dans l’horodateur,
Satané adorateur.

Bloqué sur le rail,
En fait, tu dérailles.
Moi, j’suis pas à la conquête de l’Ouest.
J’m’en vais vers l’Est, ou est-ce
Que c’est mort et qu’en fait
Je m’entête ?

 

Eugénisme dégénéré

À vos marques, prêt ? Partez !
À peine lancés, y’en a déjà un qui est sur la ligne d’arrivée.
Il n’a pas triché, non,
Il dispose juste d’une meilleure disposition,
De biens meilleures qualifications.
C’est affiché, c’est affirmé.

Si tu ne comprends rien à ce que je t’écris,
J’espère que tu seras au moins tenté d’ouvrir un livre.
Car être ivre, c’est d’une tristesse, j’en vomis
Quand ça arrive chez un type qui ne sait plus que s’accroupir.

Je veux simplement “discuter”, eux veulent naturellement “échanger”.
Je ne comprendrai jamais leur fuite programmée,
Des Mathématiques, ils n’ont même pas une vague idée.
Je me sens sombre
Lorsque ces gens sombrent ;
Cela créé une tension qui tend Sion tant c’est entêtant.
Tu sais, la volonté n’est pas un pur pêché,
Même s’ils ont calculé le futur dans le passé.

J’ai passé le cap du col, donc, franc,
J’apporte du sens dans ta tête blanche.
Comprends-tu le chemin pentu que tu dois prendre ?
Connaissance et vertu sont maîtres mots.
C’est aussi vrai pour eux que 1 + 1 = 0.
J’avance en décalé pour les surprendre.
En haut, j’en dis plus que : “il faut les pendre”.

Quand le pire m’aborde, j’ai comme un mouvement de recul,
Et je m’étire car je sais qu’on va l’apprendre dans le cul.
Et dans le fond, c’est dans l’ombre que l’on prend de la couleur,
Donc j’abonde d’ondes positives jusqu’à ce que je pleure
Trop de fois pour ne plus foisonner d’idées
Et façonner le ciné qui m’attend à portée.

Éternel

Combien d’individus mandèrent une aide en demi-teinte,
Et combien insisteront encore au travers d’une belle complainte,
Presque gênés d’avouer qu’ils perdent pied,
Bien que tentant d’ouvrir leur cœur à ce qui leur sied.

Quelle affliction quand dans la prison les tribulations pointent vers l’inaction.
Consolation en réclusion, consternation sans la coopération,
Au bord du soupirail, immersion dans un immense foirail de perdition ;
Aïe ! En perd diction.
C’est dans la négation de ces maux que l’élocution revient.

Celui qui ferme les yeux devient-il (in)capable de culpabiliser ?
Il n’y a pas à choisir entre l’art culinaire et le crève-cœur ;
Loubard, ne te calte pas, acculé à une prostitution sous radar ;
Sois culotté pour cultiver l’air pur et culminer en cœur.

Si mes mots articulent l’abstraction de mes actions,
Et que je les martèle encore et encore –
Charmante ironie du sort –
Peut-être atterriront-ils en secret au sein du concret ?
Lui qui m’atterre, mais attire volontiers ma volonté
Vers une infinité divine qui me dénature en constellation.

 

Incantare

Tenter d’écrire devant un divertissement
Revient bêtement à plonger dans le néant,
Car la conscience est altérée par un écran de fumée
Qui raisonne d’une seule voix en soi.

Pourquoi vouloir semer tant d’effroi et de désarroi,
Si ce n’est pour briser le phantasme d’un espoir instinctif ?

Ainsi, la pensée est laissée inlassablement,
À la simple demande d’une idée factice recréant
Un semblant de réalité afin d’éclipser
Les idées créatrices pouvant surgir d’un esprit vif.

Peut-être peut-on contenter un maladroit,
Et, de surcroît, lui faire maudire un tel coi,
Mais le sagace n’enlace que fugacement
Un tel enchantement en laissant une trace.