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Candide

Tout allait bien avant nineteen-ninety-six ;
Sacrifice à la gloire de l’Éternel,
J’accomplis par choix ce rituel ;
Rejoins l’Ordre du Phénix
Avant la chute de Voldemort ;
Faut que j’tue et vole de l’or.
Forcé d’être ce que je suis,
J’exécute la prophétie.

Dans les nuages opaques, château ambulant ;
Insultant en silence, en signant sans décence.
Démence face à l’opulence de ses imminences,
Préférence pour l’intelligence et la résilience.
Ils ne sévissent pas dans ses lignes ;
En disciple, anticipe et
Amplifie sans cyprine, propage le pacte
En philosophe sans école, passeur émancipateur frivole.

Volonté de savoir qui s’achève en vouloir,
Pas en avoir, nettoie ton bavoir ;
Peux-tu te prétendre libre ? Ivre,
Dans le cénacle, je refuse la fiction et les artifices.
Rectifie, ton libre arbitre est payé pour le spectacle fils.
Pas d’éclairage sur la situation présente ;
Alors je présente : rapports binaires,
Confiture de créatures produites pour reproduire
En s’évitant de s’ouvrir à l’autrement.
L’autre ment hautement.

Nique la cour des simulacres ;
Pique, ignorants éduqués avec soin ;
Faire le tapin sans céder aux dominants en
Éduqué caduque face aux putes ;
Fausses promesses, ils s’engraissent ;
On s’enterre, on s’éclaire ;
On s’étend, on s’éteint :
Notre destin déteint sur le Malin.
T’es le vibromasseur du master,
Tu m’écœures, tu m’effleures …

Correspondance sans les nuances du masque,
Naissance dans la violence du fast.

Nega-ctivité

Je sillonne le ciel pendant que tu pilonnes la terre.
Dans cette vie, coincé au sein du purgatoire
Je ne me ferais plus avoir par ces chiens de l’enfer.
Enfermé, enferré, entêtés, en tête et
À la recherche de l’illusion perdue,
Au bord du néant, j’perds plus mon temps
Avec ces mécréants, ou ces mecs trop lents ;
Tout le monde s’croit intelligent ; mais combien le sont vraiment ?

Qui suis-je pour juger la médiocrité banalisée,
Calamités qu’on a qu’à laminer, v’là l’idée.
J’réitère, amer insolence.
J’préfère la mer et le silence
A cette de-mer qu’on nous lance.
Faut qu’on se que-plan, m’reste que l’plan ;
Pas là pour être à la place du mort ;
Coupe le transistor, prend ton essor.

Arrête de faire le fort, arrête de faire le fier.
Il ne faut pas si faire, non, il ne faut pas si faire.
(x2)

J’descends dans les entrailles de l’enfer
Pour m’faire mal, en suis-je fier ?
J’perds mes repères, mais j’me repais ;
Ce mal-être me permet d’être, c’est vrai.
J’suis pâle, mais pas alcoolique.
Merde, tout va trop vite ;
J’ai perdu la notice, tu resteras novice,
Simple allégorie face à nos vies anoblies.

Humble, j’grimpe les marches sans démarcher ces schlags.
J’ai démarré mon char, j’viens pour éclater vos crânes.
J’me sers de mon veau-cer, pendant qu’ils vous servent
De jolies coupelles et vous opèrent l’âme.
Je jette cet opéra dans les flammes.
Tu guettes nos renégats, va t’enfoncer dans les algues.
Épuisette pour ceux qui percent l’arcane ;
Dévie de la ruelle ou coopère, putain faut qu’j’reste calme.

Ils ne pensent qu’à l’éviter,
Tu ne penses qu’à lésiner
Je ne pense qu’à léviter
Qu’ils se penchent sur mes idées
(x2)

Innocence perdue

Pas le temps, pas d’argent,
Pas de plan, pas le temps,
Pas d’argent, pas de plan.

Juste la chambre, du talent,
Du calme quand – j’étale blanc.

Le gars lent – est partant,
Mais parti, pas ici.
Le gars lourd – est partout,
Mais poli, agrandit.

Accablant, accablé.
A table, et mens-je …
Je me délecte, ils me débectent.
Accélère, ou vénère.
Où qu’tu sois, il t’aura,
Le cauchemar. C’est con ça,
Qu’on l’sache, on l’conçoit.
On dira : “on verra”.

Dessein artistique

Peut-être que si je le faisais pour l’argent,
J’aurais largement le temps de faire de l’art …
J’ai faim, c’est déjà trop tard !
J’feinte le pouvoir, j’feinte de pouvoir …

Travail rigoureux face à la mafia silencieuse ;
Pas de limite à ma réalité,
Posé sous un pommier, j’attends l’idée.
Et ils se disent : “mais pourquoi
Va-t-il dans la direction opposée ?”

J’veux plus jouer, j’n’ai plus pied.
Continuer à balbutier, en attendant
La balle, butiner.
J’défis la vie courante,
J’la ferme quand tu chantes.
Non ! Pas d’anarchie,
Ici on est en nanard-chie ;
J’veux plus de ce rôle limité,
Allé ouvrez-moi les portes de l’Elysée
Pour licencier toute l’armée.

Lie sans cesse toute l’année,
Mais la propagande ne cessera jamais d’exister,
Alors tu continueras à rêver de beauté
Et à répondre à l’autorité.
Est-ce que je dois utiliser leurs méthodes ?
Modeler ma personnalité pour entrer dans leurs codes ?
Non, j’esquive et
Je t’explique mon solide soliloque.
À mon tour de te distraire avec un peu de mystère,
Pendant qu’ils exagèrent les grandes tendances populaires.

Faut s’y faire, pas s’y fier.
Uniformiser la pensée sans budget limité.
Conçu pour répondre aux demandes d’un marché
Qui ne risque pas de stimuler de nouvelles manières de penser.

Alors l’art pour l’art,
Ou l’art pour l’argent ?
Je me lance, j’ai peur de me lasser
Et de devoir enlacer les liasses.
D’ores et déjà certain de la conversion,
J’dois mettre fin à la conversation.

Sourire perdu

Le sourire naïf de l’enfant qui s’étend m’éprend ;
Vague souvenir d’un avenir endormi qui s’étire et s’éteint.
Ce cœur prit au dépourvu qui a honte, qui comte ;
Des mois, des années à passer ; il ne reste qu’à faire le ponte
Pour caresser l’espoir illusoire, avant d’enfin choir.
Pourquoi ne pas tenter de raviver le feu, s’il s’émeut ?
Autant jouer franc-jeu, céder aux aveux, s’engager sans adieu.
Qui a su planter et supplanter ce magistère amer ?

Doit-on guider cet innocent au-dessus de la route morte ?
Doit-on créer l’évidence de l’existence que je rapporte ?
Sanguinaire réalité que l’encre ne peut suffisamment noircir.
Dans mon imaginaire, je l’ai cru pâlir à la seule esquisse du vice,
Alors qu’il riait avec désir, détaché de la société qui sommeille
Dicte la mise en scène et lance sa haine.

Photo © Helen Whittle

Respire

Les larmes ne peuvent entacher cette douleur incurable.
Tapie dans l’ombre, prête à s’acharner, inépuisable.
Ardu est l’accès au droit chemin, entouré par ces laquais perdus.
Sans ailes, je m’envolerai quand même, même s’ils m’attristent et m’agrippent les pieds pour m’empêcher de m’élever.

Tant de douleur pour ce petit cœur qui s’étouffe,
Mais n’en souffle pas un mot.

J’ai maudit leur faiblesse en restant calme, par discipline.
Eux deviennent vils, car serviles dans ces grandes villes.
Ce poison, ma médication, agit tel un fortifiant, bien trop méfiant
Je ne peux obéir à leur destinée marquée au fer rouge.

Cri silencieux qui n’émeut plus les meutes ; (faut que j’bouge !)
Les masses à la ramasse glissent et subissent ; (j’enfile le masque).
Incapables incapables de ne pas s’accaparer le palpable ; (je suis paré !)
Ma grandeur n’a d’égal que la noirceur de mes maux ; (mémoriser).
Mes mots, risée, mais rusés ; sous une lueur tamisée, t’as misé,
T’as perdu, t’es perdu, t’en peux plus, t’en veux plus !

L’homme sage affronte l’homme singe ;
La liberté, une conquête que l’on quête loin des honneurs.
Pour certains, une simple valeur marchande
Que l’on échange contre l’acceptation des inégalités légitimées.

Deviens le complice, reste novice.
Pourri pour rien, pourvu que rien
Ne puisse perturber ta prison
De vices, pas de mission.

Cher aux codes d’une culture qui ne cherchent pas des clowns clonés,
Et si je finissais comme George Clooney ?
Tous ces Hommes semblent possédés par le Syndrome de Stockholm
Tandis que je me prends pour Sherlock Holmes.

Malheureusement trop complexe pour les cons perplexes,
Ils me verront comme un malade sans complexe
Complètement déconnecté de leur réalité, façonnée depuis tant d’années.

Gloire au capitalisme avancé.

Caché des masses

Totalement invisible, j’invite un imbécile à s’exprimer à ma place.
Je n’ai pas ma place ici, j’vise l’après.
Après tout, c’est tout ce que je peux faire :
Faire part de mes idées dans des faireparts fait par des usines nuisibles.

La nuit tout est plus lisible ;
L’illicite domine illico,
Tu as beau comprendre le jeu,
Tu ne peux en faire tomber les dominos.

L’abdication intellectuelle est telle que lire un livre est difficile, voire devenu impossible !
Le passé est raturé, la rature oubliée, et le mensonge devient vérité.
Les plus domestiqués ont accroché un animal à une laisse ;
Sous le collier, ils délaissent leurs frustrations oubliées.

Ceux qui ne savent pas qu’ils ne savent pas s’aventurent dans l’œil du cyclone,
De loin, des clones bouffis d’orgueil.

Ainsi, ma singularité se confirme et s’affirme.
Je vacille et j’oscille entre l’ogre bourgeois et le pauvre du prolétariat,
Sans jamais pardonner ces deux scélérats.
Et dans l’ombre, ma destinée s’accomplit sans qu’on pille mon identité innée.

Golem tes yeux ont vu

L’astre étincelant s’éteint,
Seulement j’étreins le grand désastre.
L’Histoire, une boucle,
Un accessoire bien souple.
Un message qui ménage les ménages ;
Le totem les transforme en golems.

Des méninges, ils n’en ont plus.
Ils creusent (ils creusent), je n’en peux plus.
Je déménage, fuyant la gloire du néant,
Le silence, tranquillement, s’étend …

Je mets tant de temps à perdre,
Allongé dans l’herbe ;
Mais tout disparaît dans le paraître …
Pas vrai ?

Devin allongé sur un divan ;
Demain, s’écouter longtemps.
Émet mal, mauvais signal.
J’me signale, original.

Télé-vision

Nouveau fauteuil, bientôt cercueil ;
Nouvelle émission, nouvelles émissions ?
Les marionnettes s’apprêtent à entrer en scène.
Les majorettes s’arrêtent à la mise en scène.

Cette télévision ne formera pas ma vision.
Je fais bien trop attention à leur mission.
Cette futilité m’apparaît comme une stupidité,
C’est une banalité si calculée.

Les fils invisibles me sont visibles,
Les fils, un visible, leur sont indicibles.
Invincible est cette réalité pour un vin si agile.
Mon évangile est falsifié et si gracile.

Leurs malicieux enjeux m’émeuvent
Mais je reste sérieux.
Le divertissement s’étend,
Méprend, m’éprend,
Mais prend des tournures étranges.

Sur les murs : des pubs, des tunes, des putes.
Des clubs, des lunes, des luttes perdurent.
Sang sur les murs. Emmure tes peurs,
T’apeures en murmurant tranquillement
Aux gens tes gentilles censures.

Endure l’épreuve, les preuves sont sûres.
C’est sûr, qu’dans l’dur,
T’es juste conçu pour plus penser.
Panser, pensées, j’pense plus
Aux pubs, aux tunes, aux putes.

Schizophrenic Culture [FR]

 

Pendant qu’ils s’enfoncent sur les autoroutes du mensonge,
Dans ses songes, il prépare une nouvelle battue.
Il s’est battu pour découvrir le chemin de la Vérité,
En vérité, t’es tellement loin du réel que tu n’captes même plus que tu es abattu.
Ah bah tu crois qu’c’est ça la vie !
Tu n’vois même plus les journées défiler,
Des filles débridées qui te dictent quand jouir,
Histoire de dire, direct que ça va mieux, mais en fait … Euh …

Eux ils peuvent penser pour toi, t’inquiète.
Eux, ils peuvent panser tes peines, t’inquiète.
T’as juste à te laisse guider par leur vérité ;
N’essaye pas de vérifier et contente toi d’acquiescer
Et puis reste là à végéter, comme Végéta tu ne seras jamais le premier !

Effeuille tes frustrations stériles,
Ruisselle de sensations futiles,
Oscille entre fuite et silence,
Gaspille, entre vide et puissance.

Des gémissements incessants – si fatiguant – l’ont poussé aux confins du néant.
Un pied à terre, autrefois si fier, il se fait le bouc-émissaire de ses pairs,
Aimantant les fautes émanant des autres,
Leurs mensonges multipliés, ultime recours à l’irréalité.

Milles efforts effacés en une fraction de seconde ;
Milles vérités vociférantes mais vaines, verrouillées sans attente.
Constat déprimant qu’on s’inflige ;
Fracas imminent et on vacille.
Un peu de larmes, peu d’appétit,
Ainsi s’effleure petit à petit le goût de la vie.
Vite fuir tout ça, partir d’ici,
S’éloigner là-bas, loin du fouillis.
De ces figures féroces, fascinées par si peu …
De ces fissures atroces, abandonnées par les Dieux.

Vite enfuir tout ça, partir d’ici,
S’échapper là-bas, loin d’un ramassis
De conneries constamment appuyées,
Pensées comme permanentes,
Mais violentes et inventées, imposées.

Populations acculturées, ignorant les ignorés,
Facilement fascinés par la décadence, fuyant fatalement l’excellence.