Category Archives: Méditation

Extrêmes

Un jour est noir, un jour est blanc,
J’en souris dans le silence.
Un jour est noir, un jour et blanc,
J’y survis par intermittence.

Aujourd’hui, l’esprit espère hors de l’hiver.
Demain, un nouveau chemin s’avancera.
Et finalement, ensemble on en rira
Je le crains ; car sans attente,
Il apprend patiemment.

Hier, le corps désespérait, il croyait
Que demain, tous les chemins s’effaceraient.
Et initialement, seul, il fallait en pleurer,
Il le sait bien, car dans l’attente,
Il s’attend au tournant.

La nuance, en soit, une vue cruciale,
Parfois glaciale et cruelle,
Parfois nue et crue ; elle
S’invite et facilite la suite.
Oui, la nuance essuie l’horreur,
Explicite une logique qui persiste
Et signe sans erreur.

Sourire.
Grandir.
Pleurer.
Se voûter.
Partager.
Aimer.
Soupir, et
Mourir.

Enraciné

Tant à donner, personne pour pardonner.
Perçoit en mes yeux la peine partagée.
Au moins, la souffrance a quelque chose à offrir.
Je sais comment la détruire.

Mais cela amène quelque chose de faux.
Cela mène à quelque chose de faux,
Quelque chose de si faux.

Plus d’envies ; j’ai appris un soir la combine ;
Comme Corbin, surseoir dans le noir à moitié en vie.

Tout à panser, rien à penser,
À peine la force de continuer.

Tant à donner, personne pour pardonner.
Perçoit en mes yeux la peine partagée.
Au moins, la souffrance a quelque chose à offrir.
Je sais comment la détruire.

Mais cela amène quelque chose de faux.
Cela mène à quelque chose de faux,
Quelque chose de si faux.

 

Vigilate

Je concédais ; quelque chose viendrait,
Mais j’attends toujours.
Je comptais cette noirceur morose hors du concret,
Mais cela me maintient pourtant contestant tous les jours.

J’assimile le chemin par cœur,
Si les mots roses s’envolent, les maux, eux, restent.
Impossible de rester impassible à ce qui m’écœure ;
Un pas ici et on ne sait si l’on passe le test.

Ma vie, une réplique de l’avenir –
De l’observateur dans Fringe :
C’est-à-dire “September” ; Il ne peut guère intervenir.
Même mission que ses frères.
Juste étudier, éluder les révélations de la Terre,
Explorer la guerre entre les deux univers.

Vole-t-on authentiquement derrière des barreaux ?
J’évolue, comme un enfant en devenir … mais là-haut,
Mon innocence est à demi-morte ;
Le vent s’élève et le temps s’emporte.

Parmi les divergents, j’avance en redoublant de vigilance.
Pourquoi commander une soi-disant créance ?

Siège

Je me consume,
Pendant qu’ils se consolent
En consommant.
Tout est si lent
Dans le silence

Omnium omniprésent,
Homologué par les omnipotents.
Si la farce paraît factice,
Elle fabrique néanmoins les Hommes dans l’éternel
Depuis presque trop longtemps,
Tronquant la frêle senteur naturelle
Contre une pelle de malices
Pour le moins tranchante.

Si abscons d’assumer la faim,
Je suis bien trop cynique pour y mettre fin ;
S’il ne reste plus rien,
Laissons tout au Malin.

En orphelin,
J’hallucine d’être un avec toi ;
Enfin,
Se prélasser sur le toit.
Puis, nous pourrions éveiller la lanterne ;
Lutter comme deux zèbres ;
Se poursuivre dans l’ombre d’une caverne ;
S’enferrer allongés dans les ténèbres.

Immensité gênante, eau troublée,
En attendant que l’on s’harasse et crève.
Si l’on ne concourt plus dans cette immonde régate,
En ce monde, personne n’est là pour le relever.
Lève les bras et grogne,
Rêve de l’approche au fond du lac ;
Domine et cogne
Pour réduire la cité à une profonde fièvre.

 

Vengeance

Deux semaines sans sembler semer, assumées.
Retour, piégé en jungle humaine, à saigner,
Pourtant encore loin d’être assommé ;
Prochainement devant, cicatriser, attristé.

Regard noir, armure impénétrable ;
Elle veut me voir passer à table.
Plus dur est la certitude,
Plus sûr de prendre de l’altitude.

Malheur sur une neige beige,
Ai-je aussi tué ton cœur ?
Oui, dilapidons la vérité en place publique
Cette affaire en sera bien plus ludique.

Rumination mentale, tu n’es pas de taille.
Dans mes entrailles, rien ne fait sens,
Hormis l’exaction de sentiers en parallèle,
Ou l’attente de l’impasse en bout de ruelle.

En revanche, si le remord t’accable,
Accomplie est ta vengeance froide.
Patienter et endurer à jamais,
Ou décaler d’une réalité en silence.
Vivre chaque jour comme un dimanche,
Tout ceci est sans importance.

Plein de vide

Le vide me remplit à nouveau
De cette fameuse tristesse.
En bas de gamme,
Ô, seule note qui sait résonner sans cesse.

Dans cette trame odieuse,
Ne reste qu’à prétendre au dernier soupir ;
Encore que le cycle est secoué
Et s’entrecoupe de coups fourrés.

En quête des souvenirs,
Si le manque, de fait, se fait ressentir,
Une chose s’est pourtant brisée.
Je mendie le temps pour la réparer.

Frêle effort, cela effraie ;
Effarante vie de chien.
Rester ou partir, éternellement souffrir.
N’efface rien dudit chagrin, éphémère effet.

Malgré le test, l’énigme reste triomphante,
Impossible de s’avancer en dilettante.
Que faut-il accomplir pour combler
Ce fameux vide … s’attendrir ?

Éclats

Chaque nouvelle expérience absurde
Absorbe une parcelle de mon âme,
Me laissant mi perplexe, mi muet,
Clauses égales à la vue d’une sublime femme.

De cette vaine danse,
J’encaisse, avant de subir le drame ;
Me mouvant sans cesse, et ce, insensiblement,
Encerclé par l’austère fureur.

Pour éviter une grossière erreur,
J’essuie le charme.
Désormais si pauvre,
Infertile écueil,
Un impassible armé du sourire à toute épreuve,
Considérable souvenir de l’infinité du deuil.

Monde en carton

À nouveau, l’essence s’anime et s’aligne,
Tout se liera bientôt en ces lignes.
Le chaos quotidien s’éclipse
Pour une symphonie si subtile.
Les violons et le piano,
Le champ des oiseaux en leur sillon ;
Les voix d’anges planant au-dessus, si haut !
Chefs d’orchestre d’une ordonnée lamentation,
Divinement élégante de tension.

Dix minutes de méditation, céleste équilibre ;
Enfin libre. Probité de l’action ;
Et qui le sait pourchasse toujours cette poésie.
Oui, je ne le nie,
L’autonomie la génère sans permission.
En face : des ex-individus,
Perdus sans mère mission.
Aucune sincérité ne siègera jamais crue
En terre du démon.
Les masques ne trépassent
Qu’à l’arrêt pentu
De ce monde en carton.

Frôler le spectre

Cherche un partenaire qui accompagnera et soutiendra …
C’est sans doute mieux si on se croise juste ;
Priorité et préoccupations différentes des gens différant à ça ;
Prend garde, si tu le toises plus,
Tu te perdras dans la migraine de l’âme.

Si tu restes, il ne lui reste plus qu’à monologuer sur ses intérêts spéciaux,
Échec à mettre en place des relations avec les amateurs,
Oui, sérieux avantage loin des codes sociaux.
À tord, ou à raison, il n’aime pas les réunions d’agitateurs.
Solitude et tête-à-tête, seuls moyens pour se remettre des émotions.

Drôle d’utilité des souvenirs de situations sociales passées,
Exploitées pour déterminer ce qu’il convient de faire ou de dire,
(Tout en se préparant au pire)
Désynchronisation de la conversation,
Erreur sociale en pleine manifestation,
Bientôt sortir devient une obligation.

Les problèmes ne surviennent que lorsqu’un autre rentre dans la pièce,
Plus à l’aise si l’intervention est brève,
Ou si l’objectif est déterminé ;
En attendant le moment où tu percevras la face voilée de la pièce,
Attention, la bête peut être relativement honnête.
Allégeance à la vérité, non à la fausse sensibilité

Des gens, envie d’hurler que ces conversations n’ont pas d’intérêt ;
Mais il doit se taire, il le sait.
Être en société est épuisant.
Échec cuisant, il va te planter là ;
C’est vraiment navrant, enfin juste pour toi,
Car pour lui, ce n’est pas méchant.

Le cercle de la mort

Le parfum de la rose me manque tant ;
Ne reste que le monologue.
L’absence de douceur me bloque,
Dans un instant presque gênant.

Où est la fougue ? Où est l’amour ?
Avec l’arrivée de l’automne,
Ces mots s’éteindront bientôt pour toujours.
La pensée arbore de mornes tracés pour les Hommes.

L’atrocité des hominidés me glace,
Bien que la honte écarte la haine en face.
L’amitié s’éteint ici, puis renaît là ;
Simples cycles, du lever au trépas.

Tout semble mort ou en passe de l’être,
Tout brûlera dans l’âtre du paraître.
Cela semble le cheminement logique
De la destruction de nos âmes obliques.

La vie est si misérable loin du palpable,
L’avenir, doucement, s’enfonce dans le sable.
Si les larmes coulent moins souvent,
Le résultat reste cyniquement inconséquent.