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Rouler

Imagine-moi en train de rouler …
Est-ce que je dois t’attendre ?
Dis-moi, est-ce que je dois t’attendre ?
Ou est-ce que je dois rouler seul ?

Oui, je crois que je dois rouler seul.
Mais je t’attendrais ; oui, je t’attendrai …
Jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour toi.
J’essaye juste de t’aider, ne le vois-tu pas ?

Alors je continuerai à rouler seul,
En t’attendant à nouveau.
J’attendrai le prochain créneau,
Mais je continuerai à rouler.

Oui, je crois que je dois continuer à rouler
Jusqu’à ce que je ne puisse plus m’aider.
Seulement car je serai trop épuisé.
Et en haut, j’atteindrai le renouveau :

Ce sera comme je l’ai toujours rêvé
J’aurai crevé, mais ce sera beau.

Secousse hypnique

Dès l’matin, révolution sidérale ;
Le Malin veut briser mon idéal.
Réaction viscérale, pensées abyssales.
J’m’habille sale après l’erreur initiale.
Dehors c’est médiéval : que des vassaux
Qui croient viser haut … les idiots !

J’ai mal pour tous les marginaux
Qui luttent contre les marauds impériaux.
Là, rien d’impeccable, cocktail létal ;
L’heure fatale est si brutale.
Loi martiale, cœur glacial.
J’inhale, et ça m’est égal, paradoxal …

L’opprobre ordonne une dignité déguisée
Pour que les Hommes cautionnent la calamité.
Pendant qu’ils mitonnent, je m’isole et je m’immole.
Je griffonne pour ceux qui déraisonnent.
Ma besogne détonne et occasionne des dommages irréversibles.
C’est tangible et crédible, bien qu’abstrait et pénible.

Imprévisible, il m’est impossible d’abandonner le cri inaudible.
Passible de Bastille, car nuisible à l’Invisible.
Tous sont corruptibles, car trop peu sensibles.
Ils veulent faire taire le majeur en l’air,
Matraqueurs d’un monde égalitaire qui couve sous la cendre.
C’est à s’y méprendre. Marre d’attendre, et voilà que je dois apprendre à redescendre.

Individualisme

Tu te crois vraiment différent ?
Hein ? Non, mais … vraiment ?

Les belles créatures sont trop fragiles
Pour ce monde, c’est immonde ;
C’est innommable, mais probable
Que tu préfères le comptable.
Retombe sans la fronde ;
Sang – à fond ; sens l’affront
(Dans ta tombe) ; au plafond, je prends l’allonge.

J’suis Sibylle, je jubile ;
Tu joues plus là, mon cran te sèche, ah !
Chaque jour, je m’améliore
Sans toucher l’or ;
Je corrobore et je perfore …
Même : je performe.

Dehors, détériorez mon amour
Avec préjugés et haine ;
Faut que je fasse ce qu’ils disent
Ou je ne sortirai jamais de l’asile ;
T’es un vrai facteur, tu ne peux
Voir ma valeur ; t’es vieux,
C’est l’jeu, t’es pieux, c’est l’heure
Vu que t’as peur, tu m’effleures.

Mais j’sais que tu as quelque chose
De bon et de beau caché au fond de toi …
Comme j’sais qu’j’ai quelque chose
De sombre et de chaud en moi …
(On est fait l’un pour l’autre)
Fais le tour et ne te cache pas pour toujours

Ou tu finiras alcoolique en boite ;
Travaille tes failles et tes forces
Dans les entrailles, entre les chocs,
VOIT :
La pilule bleue devient rouge [DEVIENT]
Le drapeau rouge est bleu [C’est louche]
Mais le noir est blanc [tant mieux]
Puisque le Blanc est Noir.

Photo © Jean Fraipont

À tout jamais

J’constate nos super-pouvoirs
Mais j’ai peur qu’on s’tâte (de ne plus pouvoir)

J’esquisse ces âmes en peine. En quête d’Amân
J’amadou pas ses fils ad vitam aeternam ; on se peine.
Gratter la dune sans faire le kleptomane (fils) ;
Mélomane, j’mets l’mal à l’intérieur d’une bouteille (sans vice) ;
Perdre. Merde, ils ont peur d’eux-mêmes !
Même si y a plus de restes, faut que j’vise l’Everest.
Je m’appareille, pendant que t’es faussé par l’appareil ;
J’suis presque à la Fosse des Mariannes
Pardon, laissez-moi passer Madame …

Dans la journée, c’est la paresse,
Paraît que j’arrive plus à respirer dans la luminosité.
On s’perçoit comme des rois morts
Avec l’aorte en danger sur l’chantier ;
Batailles hors du trépas, mec
Sache que j’m’en fais pas.
Dans les tréfonds jusqu’à la fin du tourment séculaire ;
Donc jamais, hein ? C’est pas vrai ? C’est péninsulaire.

Fais l’tour, mens bien, c’est mortel.
Dans c’flou, tout est cruel.
Ouais, c’est gargantuesque :
Faut qu’on s’baise, faut qu’on plaise.
Inventorié par le père de Pantagruel,
Je prépare mon barillet.

On s’est perçu entre les zombis ;
Juste un regard, mais la certitude de s’être compris.
J’fais le grand écart au bord de la falaise …
Loin de ces porcs, tout m’apaise.

Candide

Tout allait bien avant nineteen-ninety-six ;
Sacrifice à la gloire de l’Éternel,
J’accomplis par choix ce rituel ;
Rejoins l’Ordre du Phénix
Avant la chute de Voldemort ;
Faut que j’tue et vole de l’or.
Forcé d’être ce que je suis,
J’exécute la prophétie.

Dans les nuages opaques, château ambulant ;
Insultant en silence, en signant sans décence.
Démence face à l’opulence de ses imminences,
Préférence pour l’intelligence et la résilience.
Ils ne sévissent pas dans ses lignes ;
En disciple, anticipe et
Amplifie sans cyprine, propage le pacte
En philosophe sans école, passeur émancipateur frivole.

Volonté de savoir qui s’achève en vouloir,
Pas en avoir, nettoie ton bavoir ;
Peux-tu te prétendre libre ? Ivre,
Dans le cénacle, je refuse la fiction et les artifices.
Rectifie, ton libre arbitre est payé pour le spectacle fils.
Pas d’éclairage sur la situation présente ;
Alors je présente : rapports binaires,
Confiture de créatures produites pour reproduire
En s’évitant de s’ouvrir à l’autrement.
L’autre ment hautement.

Nique la cour des simulacres ;
Pique, ignorants éduqués avec soin ;
Faire le tapin sans céder aux dominants en
Éduqué caduque face aux putes ;
Fausses promesses, ils s’engraissent ;
On s’enterre, on s’éclaire ;
On s’étend, on s’éteint :
Notre destin déteint sur le Malin.
T’es le vibromasseur du master,
Tu m’écœures, tu m’effleures …

Correspondance sans les nuances du masque,
Naissance dans la violence du fast.

Nega-ctivité

Je sillonne le ciel pendant que tu pilonnes la terre.
Dans cette vie, coincé au sein du purgatoire
Je ne me ferais plus avoir par ces chiens de l’enfer.
Enfermé, enferré, entêtés, en tête et
À la recherche de l’illusion perdue,
Au bord du néant, j’perds plus mon temps
Avec ces mécréants, ou ces mecs trop lents ;
Tout le monde s’croit intelligent ; mais combien le sont vraiment ?

Qui suis-je pour juger la médiocrité banalisée,
Calamités qu’on a qu’à laminer, v’là l’idée.
J’réitère, amer insolence.
J’préfère la mer et le silence
A cette de-mer qu’on nous lance.
Faut qu’on se que-plan, m’reste que l’plan ;
Pas là pour être à la place du mort ;
Coupe le transistor, prend ton essor.

Arrête de faire le fort, arrête de faire le fier.
Il ne faut pas si faire, non, il ne faut pas si faire.
(x2)

J’descends dans les entrailles de l’enfer
Pour m’faire mal, en suis-je fier ?
J’perds mes repères, mais j’me repais ;
Ce mal-être me permet d’être, c’est vrai.
J’suis pâle, mais pas alcoolique.
Merde, tout va trop vite ;
J’ai perdu la notice, tu resteras novice,
Simple allégorie face à nos vies anoblies.

Humble, j’grimpe les marches sans démarcher ces schlags.
J’ai démarré mon char, j’viens pour éclater vos crânes.
J’me sers de mon veau-cer, pendant qu’ils vous servent
De jolies coupelles et vous opèrent l’âme.
Je jette cet opéra dans les flammes.
Tu guettes nos renégats, va t’enfoncer dans les algues.
Épuisette pour ceux qui percent l’arcane ;
Dévie de la ruelle ou coopère, putain faut qu’j’reste calme.

Ils ne pensent qu’à l’éviter,
Tu ne penses qu’à lésiner
Je ne pense qu’à léviter
Qu’ils se penchent sur mes idées
(x2)

Innocence perdue

Pas le temps, pas d’argent,
Pas de plan, pas le temps,
Pas d’argent, pas de plan.

Juste la chambre, du talent,
Du calme quand – j’étale blanc.

Le gars lent – est partant,
Mais parti, pas ici.
Le gars lourd – est partout,
Mais poli, agrandit.

Accablant, accablé.
A table, et mens-je …
Je me délecte, ils me débectent.
Accélère, ou vénère.
Où qu’tu sois, il t’aura,
Le cauchemar. C’est con ça,
Qu’on l’sache, on l’conçoit.
On dira : “on verra”.

Dessein artistique

Peut-être que si je le faisais pour l’argent,
J’aurais largement le temps de faire de l’art …
J’ai faim, c’est déjà trop tard !
J’feinte le pouvoir, j’feinte de pouvoir …

Travail rigoureux face à la mafia silencieuse ;
Pas de limite à ma réalité,
Posé sous un pommier, j’attends l’idée.
Et ils se disent : “mais pourquoi
Va-t-il dans la direction opposée ?”

J’veux plus jouer, j’n’ai plus pied.
Continuer à balbutier, en attendant
La balle, butiner.
J’défis la vie courante,
J’la ferme quand tu chantes.
Non ! Pas d’anarchie,
Ici on est en nanard-chie ;
J’veux plus de ce rôle limité,
Allé ouvrez-moi les portes de l’Elysée
Pour licencier toute l’armée.

Lie sans cesse toute l’année,
Mais la propagande ne cessera jamais d’exister,
Alors tu continueras à rêver de beauté
Et à répondre à l’autorité.
Est-ce que je dois utiliser leurs méthodes ?
Modeler ma personnalité pour entrer dans leurs codes ?
Non, j’esquive et
Je t’explique mon solide soliloque.
À mon tour de te distraire avec un peu de mystère,
Pendant qu’ils exagèrent les grandes tendances populaires.

Faut s’y faire, pas s’y fier.
Uniformiser la pensée sans budget limité.
Conçu pour répondre aux demandes d’un marché
Qui ne risque pas de stimuler de nouvelles manières de penser.

Alors l’art pour l’art,
Ou l’art pour l’argent ?
Je me lance, j’ai peur de me lasser
Et de devoir enlacer les liasses.
D’ores et déjà certain de la conversion,
J’dois mettre fin à la conversation.

Respire

Les larmes ne peuvent entacher cette douleur incurable.
Tapie dans l’ombre, prête à s’acharner, inépuisable.
Ardu est l’accès au droit chemin, entouré par ces laquais perdus.
Sans ailes, je m’envolerai quand même, même s’ils m’attristent et m’agrippent les pieds pour m’empêcher de m’élever.

Tant de douleur pour ce petit cœur qui s’étouffe,
Mais n’en souffle pas un mot.

J’ai maudit leur faiblesse en restant calme, par discipline.
Eux deviennent vils, car serviles dans ces grandes villes.
Ce poison, ma médication, agit tel un fortifiant, bien trop méfiant
Je ne peux obéir à leur destinée marquée au fer rouge.

Cri silencieux qui n’émeut plus les meutes ; (faut que j’bouge !)
Les masses à la ramasse glissent et subissent ; (j’enfile le masque).
Incapables incapables de ne pas s’accaparer le palpable ; (je suis paré !)
Ma grandeur n’a d’égal que la noirceur de mes maux ; (mémoriser).
Mes mots, risée, mais rusés ; sous une lueur tamisée, t’as misé,
T’as perdu, t’es perdu, t’en peux plus, t’en veux plus !

L’homme sage affronte l’homme singe ;
La liberté, une conquête que l’on quête loin des honneurs.
Pour certains, une simple valeur marchande
Que l’on échange contre l’acceptation des inégalités légitimées.

Deviens le complice, reste novice.
Pourri pour rien, pourvu que rien
Ne puisse perturber ta prison
De vices, pas de mission.

Cher aux codes d’une culture qui ne cherchent pas des clowns clonés,
Et si je finissais comme George Clooney ?
Tous ces Hommes semblent possédés par le Syndrome de Stockholm
Tandis que je me prends pour Sherlock Holmes.

Malheureusement trop complexe pour les cons perplexes,
Ils me verront comme un malade sans complexe
Complètement déconnecté de leur réalité, façonnée depuis tant d’années.

Gloire au capitalisme avancé.

Caché des masses

Totalement invisible, j’invite un imbécile à s’exprimer à ma place.
Je n’ai pas ma place ici, j’vise l’après.
Après tout, c’est tout ce que je peux faire :
Faire part de mes idées dans des faireparts fait par des usines nuisibles.

La nuit tout est plus lisible ;
L’illicite domine illico,
Tu as beau comprendre le jeu,
Tu ne peux en faire tomber les dominos.

L’abdication intellectuelle est telle que lire un livre est difficile, voire devenu impossible !
Le passé est raturé, la rature oubliée, et le mensonge devient vérité.
Les plus domestiqués ont accroché un animal à une laisse ;
Sous le collier, ils délaissent leurs frustrations oubliées.

Ceux qui ne savent pas qu’ils ne savent pas s’aventurent dans l’œil du cyclone,
De loin, des clones bouffis d’orgueil.

Ainsi, ma singularité se confirme et s’affirme.
Je vacille et j’oscille entre l’ogre bourgeois et le pauvre du prolétariat,
Sans jamais pardonner ces deux scélérats.
Et dans l’ombre, ma destinée s’accomplit sans qu’on pille mon identité innée.