Category Archives: Bohème

Au fil de l’âme

L’Homme sensé mais insensible assujettit l’idiot ;
L’Homme idiot encense l’insensible,
Et l’Homme sensé mais sensible maudit l’idiot.

Au fil de l’âme, nage un chant qui se réclame.
Au fil de l’âme, flotte un chant d’épithalame ;
Un bon jour étreint dans tes cheveux ;
Un bonjour éteint d’entrée de jeu.

Celle-ci me sourit
Sans souci,
Mais je perce son masque
Sans grâce.

La victoire est illusoire.
Brasser du vent auprès d’incompétents,
Sans le savoir,
Ou en le sachant pertinemment.

Dépenser son énergie
Pour des abrutis finis,
Eux qui adulent, et qui, adultes,
Se mouvront en nos ennemis.

Pourquoi mentent-ils
Et ne nous entendent-ils pas ?
Pourquoi ce sourire gracile
Se signale si indélicat ?

Stupéfaction que l’action
Stimule la prédestination
D’Artorias.

L’exaction de la maestria
M’attrista, puis me congédia,
Bientôt ôtée de la fiction.

Extrêmes

Un jour est noir, un jour est blanc,
J’en souris dans le silence.
Un jour est noir, un jour et blanc,
J’y survis par intermittence.

Aujourd’hui, l’esprit espère hors de l’hiver.
Demain, un nouveau chemin s’avancera.
Et finalement, ensemble on en rira
Je le crains ; car sans attente,
Il apprend patiemment.

Hier, le corps désespérait, il croyait
Que demain, tous les chemins s’effaceraient.
Et initialement, seul, il fallait en pleurer,
Il le sait bien, car dans l’attente,
Il s’attend au tournant.

La nuance, en soit, une vue cruciale,
Parfois glaciale et cruelle,
Parfois nue et crue ; elle
S’invite et facilite la suite.
Oui, la nuance essuie l’horreur,
Explicite une logique qui persiste
Et signe sans erreur.

Sourire.
Grandir.
Pleurer.
Se voûter.
Partager.
Aimer.
Soupir, et
Mourir.

Enraciné

Tant à donner, personne pour pardonner.
Perçoit en mes yeux la peine partagée.
Au moins, la souffrance a quelque chose à offrir.
Je sais comment la détruire.

Mais cela amène quelque chose de faux.
Cela mène à quelque chose de faux,
Quelque chose de si faux.

Plus d’envies ; j’ai appris un soir la combine ;
Comme Corbin, surseoir dans le noir à moitié en vie.

Tout à panser, rien à penser,
À peine la force de continuer.

Tant à donner, personne pour pardonner.
Perçoit en mes yeux la peine partagée.
Au moins, la souffrance a quelque chose à offrir.
Je sais comment la détruire.

Mais cela amène quelque chose de faux.
Cela mène à quelque chose de faux,
Quelque chose de si faux.

 

Vigilate

Je concédais ; quelque chose viendrait,
Mais j’attends toujours.
Je comptais cette noirceur morose hors du concret,
Mais cela me maintient pourtant contestant tous les jours.

J’assimile le chemin par cœur,
Si les mots roses s’envolent, les maux, eux, restent.
Impossible de rester impassible à ce qui m’écœure ;
Un pas ici et on ne sait si l’on passe le test.

Ma vie, une réplique de l’avenir –
De l’observateur dans Fringe :
C’est-à-dire “September” ; Il ne peut guère intervenir.
Même mission que ses frères.
Juste étudier, éluder les révélations de la Terre,
Explorer la guerre entre les deux univers.

Vole-t-on authentiquement derrière des barreaux ?
J’évolue, comme un enfant en devenir … mais là-haut,
Mon innocence est à demi-morte ;
Le vent s’élève et le temps s’emporte.

Parmi les divergents, j’avance en redoublant de vigilance.
Pourquoi commander une soi-disant créance ?

Siège

Je me consume,
Pendant qu’ils se consolent
En consommant.
Tout est si lent
Dans le silence

Omnium omniprésent,
Homologué par les omnipotents.
Si la farce paraît factice,
Elle fabrique néanmoins les Hommes dans l’éternel
Depuis presque trop longtemps,
Tronquant la frêle senteur naturelle
Contre une pelle de malices
Pour le moins tranchante.

Si abscons d’assumer la faim,
Je suis bien trop cynique pour y mettre fin ;
S’il ne reste plus rien,
Laissons tout au Malin.

En orphelin,
J’hallucine d’être un avec toi ;
Enfin,
Se prélasser sur le toit.
Puis, nous pourrions éveiller la lanterne ;
Lutter comme deux zèbres ;
Se poursuivre dans l’ombre d’une caverne ;
S’enferrer allongés dans les ténèbres.

Immensité gênante, eau troublée,
En attendant que l’on s’harasse et crève.
Si l’on ne concourt plus dans cette immonde régate,
En ce monde, personne n’est là pour le relever.
Lève les bras et grogne,
Rêve de l’approche au fond du lac ;
Domine et cogne
Pour réduire la cité à une profonde fièvre.

 

Novlangue

À l’aube, on s’adapte à l’époque ;
En inapte éclopé, presque apôtre ;
J’fume pas de clope mais …
J’porte, à l’affût, en secret.

Les cours m’auront appris à apprendre ailleurs.
Bienvenue dans la réalité orwellienne,
Danse de l’absurdité humaine,
Ou de la complaisance taciturne d’ailleurs.

Marketons le terrorisme pour légitimer la surveillance ;
Soyons “attentifs ensemble”, tuons l’empathie en avance.
Pas de problème, même sans étiquette je me promène,
Je professe loin de leurs promesses.

Saisir l’épée, puis le sceptre.
Brandir la paix pour tous les siècles ;
Avenir à venir,
Je peux l’observer sans fuir.

Une fissure s’est trouvée entrouverte.
On l’aperçoit perçante comme un spectre.
En dilettante, j’inspecte
Pendant qu’eux siègent sur leur siège.

Monde en carton

À nouveau, l’essence s’anime et s’aligne,
Tout se liera bientôt en ces lignes.
Le chaos quotidien s’éclipse
Pour une symphonie si subtile.
Les violons et le piano,
Le champ des oiseaux en leur sillon ;
Les voix d’anges planant au-dessus, si haut !
Chefs d’orchestre d’une ordonnée lamentation,
Divinement élégante de tension.

Dix minutes de méditation, céleste équilibre ;
Enfin libre. Probité de l’action ;
Et qui le sait pourchasse toujours cette poésie.
Oui, je ne le nie,
L’autonomie la génère sans permission.
En face : des ex-individus,
Perdus sans mère mission.
Aucune sincérité ne siègera jamais crue
En terre du démon.
Les masques ne trépassent
Qu’à l’arrêt pentu
De ce monde en carton.

Depuis

Depuis que je vise le ciel, je ne vais plus très bien ;
Et quand je regarde en arrière, je vois s’effacer le chemin.
J’ai vu s’exclamer les vieux singes.
J’ai plus de temps à perdre avec ces pieuses timpes.

Depuis que je prie le ciel, je suis plus serein ;
Et quand ma tombe sera sous terre, je crois qu’j’aurais gagné le Malin.
Sache que c’est pas sensas’ sans Sartre.
J’claque ça car ça ne réfléchit même pas dans les facs.

Depuis que je crie dans le ciel, je ne vais plus très bien.
Et quand je m’enfonce plus bas que terre, je dois m’abandonner au destin.
J’me fais une raison, la majorité des gens sont trop cons.
Juste des rois de l’inaction, j’m’en vais loin de leur prison.

Depuis que je vis dans le ciel, je vais plus que bien ;
Un simple regard sur Terre, et je vois s’échapper le matin.
Qu’est-ce qu’il faut sacrifier pour que j’me barre de là ?
J’ai vu s’esclaffer les Dieux pour moins que ça.

Travail(le)

J’travaille sur mes beaux projets à paraître.
Qu’est-ce que tu fais ici loin de ton maître ?
Tu n’peux pas débouler ici si t’es un traître.
P’t-être que j’peux bouger d’ici par la fenêtre ?
Qu’est-ce que je fais ici à part être ?
Qu’est-ce que tu fous ici à paraître ?

Tu m’embarrasses, j’veux
Pas de ta crasse, j’veux
Pas de tes liasses, j’veux
Pas de ta chiasse.

J’veux, j’veux
J’veux des billets de banque
Pour pouvoir les brûler ;
J’veux pas voir les sirènes blanches
Avant d’pouvoir briller.

J’vais au taf sans mes gros projets.
Mais qu’est-ce que je fais ici près de ton maître ?
Tu ne peux pas débouler ici si t’es un traître.
P’t-être que je peux bouger d’ici par la fenêtre ?
Qu’est-ce que je fais ici à paraître ?
Qu’est-ce que tu fais ici à paraître ?

Tu m’examines, j’veux
Pas de ta cyprine, j’veux
Pas de ton fils, j’veux
Pas de ta pisse.

T’es pas vieux mais t’es déjà courbé.
Passez-moi l’feu que j’les fasse tous cramer.

Tobias

Je suis condamné à poser des questions rhétoriques
À des types horribles qui pèsent dans l’vide.

Si je n’te confère rien c’est qu’j’sais
Que tu n’y comprendrais rien, ô frère humain !

Toujours dans un coin, presque invisible,
Mais surtout indicible en ton sein.
J’ai pas l’choix : t’es maladroit.
Il fait si froid, j’ai mal aux doigts ;
J’ai un bras endolori que j’lève en silence,
Dans mon esprit pétri d’impatience.

Je compte des points sur vos fausses conversations
Pour passer le temps, belle illusion me jetant en témoin …
Il faut bien s’amuser ; toi, tu n’as pas idée …
Oh non … tu n’as pas idée, non tu n’as pas d’idées.

Ils sont excellents et pourtant
Ils ont choisi la banalité,
Trop occupés à regarder leurs peurs
Et à se comparer sans cœur.
Il faut s’entraîner sans traîner sous
Peine de s’enterrer sans intérêts.
Sans sourciller, j’en pleure
Car c’est l’heure de me détacher de vous.

Tu n’as qu’un seul jeton, dans l’fond
Loin des lions est la compassion.
J’exige qu’en égoïste tu t’intéresses à moi
Qui me dit altruiste à chaque fois
Que je corrige le litige par foi.
Maintenant que je comprends que la plupart du temps,
La majorité des gens meurent de leur vivant.