Category Archives: Amour

Confluence

Peux-tu arrêter d’être, en ce lieu, sans manifester ta présence ?
Je ne cesse de me demander si tu répondras à mon instinctif appel ;
Assurément, je le mérite, après tout.
Moi qui t’ai faite osciller avec une légère once de nonchalance ;
Mais n’est-ce pas là l’essence même du jeu ? Dans ce flou,

J’acquitte le pari que ton “oubli” n’est qu’un acte subtil
Afin de mieux transcrire le feu lors d’un imminent rappel.
Ô quintessence magistrale, sensationnelle pièce théâtrale
Du paraître qui finira par être, paraît-il …
Alors allons s’allonger non loin de cette chorale ;

Nous concevrons la toile de nos existences infinies ;
Oui, enfin finie l’infortune, ceci est sans appel.
Car l’intense gloire sourit à celui qui tente.
La Sèvre rejoindra bientôt la Loire assainie.
Le soleil se couche et de mes lèvres tu ne débouches point si distante.

Appel

Posé sur ce tendre nuage, un ange fugace.
Le ramage du piano filant au gré du vent.
Je me demande.
Je m’interroge.

Autour, le monde s’anime sereinement.
Vais-je être témoin d’un pugnace pillage ?
Je m’interroge et mande.
Je me demande et déroge.

Je n’ose qu’à peine scruter les cieux ;
Et si tu comprenais ce qui s’anime dans mes yeux ?
Entre l’énergie invisible que tu m’envoies,
Le silence que l’on conçoit,

Qui nous enlace doucement ;
Enfin, je crois. Délicieux photo-roman.
Puis, je me demande …
Je fuis et je m’interroge …

Si cette croyance si soudaine sentait seulement le soufre ;
Ce serait souffrir sans souffler.
Je ne sais s’il faut l’affirmer
Ou l’étouffer et s’en foutre.

Idylle

Je te connais à peine,
Mais bordel, tu pourrais facilement abolir ma peine.
Je ne sais si je peux me permettre de t’écrire cela, certes ;
Mais il est nécessaire que ce chaos cesse.
Comment réussir à te sortir de ma tête ?

Je repense à l’autre soir.
Quelle tension lorsque tu me touches de ton regard !
Cela pourrait me faire glisser une nouvelle fois sur le billard.
Oui, une nouvelle foi.
A croire que je suis fou de la mort.
C’est qu’elle m’apporte tant de réconfort.

J’ai lu les signes envoyés ;
Collier tournoyé, corps tourné ;
Sentiments noyés. Dans l’inconscient, nés.
J’ai vu l’estime s’envoler vers les sommets ;
Je te somme de m’assommer ou de me hameçonner,
Car je veux vivre cette folie qui a parcouru nos iris.
C’est trop tard, je suis ivre de joie face à cette vue novactrice ;
J’y ai cru contempler une jolie idylle qui hiberne encore.
S’il te plaît, dis-moi, est-ce que j’ai tort ?

Amour perdu

Où es-tu, mon amour ?
Toi qui étais là quand j’avais le plus besoin d’un toit ;
Toi qui a toujours su lire
Dans mon cœur sans pareil,
A perçu cet état sinistre qui déchire
Mon être loin du paraître.
Oui, tu soignais mon âme sans fuir,
Je le proclame sans reluire !

Où es-tu, mon amour ?
Te souviens-tu de notre vertueuse histoire ?
Y penses-tu avant de t’endormir,
Quand vient la glorieuse nuit ?
Ou suis-je la seule victime de mes illusions d’espoir,
Tournant en rond au fond du purgatoire,
A croupir, sans vie ?

Où es-tu mon amour ?
Je te retrouve par hasard dans une courte lettre,
Sentiments figés
Dans un instant qui a glissé dans le passé.
Avec pâleur,
Je contemple la douleur qui s’écourte.
Jongleur absurde,
Victime du tourment qui goutte
De ces émotions taciturnes.

Où es-tu, mon cœur ?
Si les erreurs rendent plus fort,
Elles semblent aussi pouvoir tuer, parfois.
J’en meurs d’effroi chez moi,
Entouré par un décor narquois,
En apesanteur …
Grand désarroi, ou je ne sais pas, encore.

L’esprit rejoue ce que le cœur ne peut oublier ;
Faire le deuil d’une personne toujours en vie,
Quelle drôle d’idée.
C’est perturbant de s’imaginer
Devenir de parfaits étrangers,
Pour toujours.
Je crois qu’une partie de moi t’attendra à perpétuité ici,
Ô mon amour.

Fantasme

Nos regards se croisent et le match commence.
Sous un fin masque d’humour, voilà un appel à l’amour.

La technique consiste en un accord tacite ;
Un simple exercice stratégique et ludique
Afin de s’assurer de l’intégrité
De l’assentiment bientôt signé.

Franc procédé spéculant sur un potentiel délassement,
Chacun visant l’impossible
En se demandant s’il est compréhensible.
Du sarcasme à l’orgasme, il n’y a qu’un seul pas à franchir ;

Mais une maladresse pourtant entraîne paresse et esseulement ;
C’est seulement en cet instant, au recul ridicule,
Que le sot comprend que le jeu s’arrête net maintenant.
A défaut d’autre chose, elle ressent un peu d’amertume en se mordant les lèvres.
Lui, déçu, comprend qu’il n’est encore qu’un simple élève en plein rêve.

Fuyons l’espérance puisque nous n’avons pas d’attente patente,
Ou laissons une légère tension en suspension pour un dernier frisson …
Ingénue survivance d’un spectacle bloqué dans un entre-deux
Et qui n’a finalement jamais eu lieu.

 

Photo © Alex Markow

Dissentiment

Empli de courage,
Petit avantage ;
De gros remous sur le faux perchoir visé ;
Reflet flou dans le miroir brisé.
Remplir le réservoir jusqu’au sommet,
Repli sans se rasseoir ni s’allonger.

Pluie de mouchoirs blancs,
Plus de montagnes blanches ;
Vie de boudoir en balance.
Plus de cauchemars en suffisance.

Diffraction de dix façons ;
Dit pardon de mille arçons ;
Autogestion, autorégulation,
Confection, continuation.

Plus de mouchoirs,
Pluie de montagnes,
Plus de boudoir,
Vie de cauchemars

Et de rêves emmêlés.
La forêt est rouge ;
Pas de retour en arrière,
Vision infrarouge ;
Pulsions sèches en mêlée
Au carrefour d’hier.

Le caviar, un canular brillant,
Le calamar brûle son nectar accordant
Sa fuite sommée gratuite
Par la vacuité du maître.

Vue de l’esprit téméraire.
Tout est petit, éphémère.
Trop tard, à l’instar
Un cavalier sans cheval
S’évertue sans que cela cesse
À sauver une princesse.

Où sont les couleurs ?
Où est le souffleur ?
Du rire aux larmes,
Du cri à la rage.

Sentir la mélancolie dans la mélodie.
Le ciel est gris depuis ce midi ;
Le “oui” mute en “peut-être”
Avant la destruction du poète.

Terre-neuvier

Du haut de son trois-mâts, le matelot siffla sans amertume.
Dans la tempête déchaînée, tout espoir semblait s’être noyé
Sous les flots. Et soudain, une terre se distingua dans la brume.
Lui, apitoyé, dévoyé, déchiré, pouvait à nouveau s’éployer.

Et de là, ô possible mirage, il croyait apercevoir un paisible rivage.
La crainte se transformait en attente et soulagea son jeune âge.
Le tumulte exulte l’occulte insulte d’un sultan inculte.
Est-il sous le joug d’une frénésie ? Il ausculte. Il en résulte
Que le continent s’étend devant ses globes ébahis. Est-il trahi ?
Quelle est cette infamie qui affame l’affabilité de son être et le maudit ?

Quête provisoire, assidûment dérisoire.
Passionnant repoussoir, expiant déversoir.
N’aurait-il pas dû se noyer dans le tourbillon de ce torrent ?
N’a-t-il pas connu cette région ennoyée en oisillon balbutiant ?

Noir

Un peu de musique pour parfaire les contours.
Son cœur s’ouvre perpétuellement à elle car il est sien.
Il est sien, et il l’offre sans retour en un détour.
Mais il se meurt souvent quand elle s’élance sur d’autres chemins.

Donnons-nous la main en s’adonnant au temps autant que possible,
Offrons-nous à chacun en se montrant tout le chagrin disponible.

Ô désespoir au comptoir !
Quelle est cette cambrioleuse
Qui miaule sa ritournelle ?
La plus belle créature de l’Éternel,
Si prodigieuse, si merveilleuse,
Renvoie un miroir noir.

Quelle est cette peur ? Lui, il n’a horreur que de lui.
Parfois, il croit qu’ils se ressemblent plus qu’elle ne l’envie ;
Ou est-ce son esprit qui lui joue des tours, ô amour ?
Le temps s’écroule et il s’écoule loin de la foule.
Il s’essaye juste à la vie, et il veut qu’elle en fasse partie.
Car si elle est partie ; comment peut-il trouver l’harmonie ?

Double illusion

Dans la nuit sombre, il s’arme en un éclair, éclairé par deux lampadaires qui le caresse.
Son ombre sabre sciemment le souci de choisir.
Est-ce ainsi qu’il sait qui saisir
Dans l’espérance d’une tendresse endormie ?

Le visage s’étend, car il déteint
Sur ce qui s’éteint dans le silence.
Enfin, l’écrin s’anime de milles manies.
Manant mené à mal qui n’en
Demandait pas tant, et pourtant
Le chant du rossignol s’entend.

Pourquoi est-il là ? Il ne sait pas.
Bien qu’il l’ait toujours su, il ne sait plus.

Stupeur candide, qu’on dit stupide ;
Sincère aveu parfois sans saveur,
Car le cœur s’avère fourvoyé en
Fou voyant l’amour où il ne siégeait pas.

Grand fracas franchi franchement,
Sans déchanter, en dilettante.