Category Archives: Amour

Osmose

L’astre étincelant se lève et soulève une nouvelle existence étonnante.
Une intensité ardente s’élève sous la coupelle d’une correspondance chatoyante.
Ce nouveau chapitre se sied d’une danse captivante où tout prend enfin sens,
Enchantement en chantier chanté sur l’égide du pupitre de l’omniscience.

Bien que les mots s’avancent comme une insulte à nos ressentis,
Attendris, ce que l’on se dit se lie et se lit aussi en nos yeux ébahis.
Se sculpte ainsi avec force un ébat intemporel qui se précise
Dans l’obscurité de nos nuits blanches colorées et promises.

La verve du verbe vivre fait vibrer et virevolter nos âmes,
Vivifiant une énergie enivrante où l’épanchement se proclame.
Nos sentiments mutuels s’assument, alors que la matinale brume
Exhume un royaume sans roi, qui finalement s’exulte et se remplume.

Cadeau du cosmos d’une osmose inqualifiable qui n’a rien d’une fable.
Sans blâme, nous sommes semblables, tout ceci est notable.
Estimable quiétude où s’installe un ornement architectural
Qui, à l’étude, règne littéralement comme un véritable régal.

Sabotage

Elle se perdait dans des hypothèses, prothèses pour son cœur ;
Se projetait, sans cesse, sans plus pouvoir vivre l’instant présent.
Submergée par une active peur, elle se noya en une fictive rancœur,
Se sabotant sciemment car elle n’osait pas s’aimer suffisamment.

Il faut la comprendre : ses émotions résidaient là, trop intenses ;
Retournée, son ressenti la dévoyait dans une marée d’expectances.
Lui a tellement imaginé qu’il s’est infiniment prédestiné au silence.
Qui est l’élève et qui est le maître, en cette certaine concomitance ?

Esseulée au sein d’une contrée éloignée,
Prête à commettre une infamie infantile,
Il lui sembla plus simple d’y jeter la clé,
Favorisant l’échappée vers un exil qui la mutile,
Sans clairement, pour autant, se conforter,
Cherchant à se persuader de son caractère agile.

Fuyant sans fin ces situations cérébralement trop angoissantes,
La frustration ne put la mener qu’à une seule action : l’abandon.
L’issue, à l’allure abasourdissante, n’en restait pas moins courante.
Sa puissante pulsion la poussa ainsi à une factice répulsion.

Mais est-ce ici se désister et négliger autrui,
Ou est-ce promptement rompre avec soi-même ?

Liaison nucléaire

Regard prolongé intense ;
Cœur perd pied, en balance.
Communication tacite,
Abandon factice.

Connexion si profonde,
Comme se connaître
De l’origine à la fin des mondes,
Sans frime du paraître.

Pensées d’amour en boucle ;
Réalité aux contours moins souples.

Hasard attendrissant,
Questionnement saisissant,
Pour cet investissement
Hagard et impertinent.

Irrationnel, si superficiel,
Rationnel, si scientifique ;
Soigner la mise en selle,
Ou contrer l’énergie atomique.

Perception subliminale

Tes courbes exquises, ta poitrine idéale,
Tes rondeurs divines, à la superbe inexprimable,
Ton déhanché effronté, sans théâtralisation,
Ton charme en toute simplicité, ton regard de passion.

Tes longs cheveux à la prise facile,
Ta fougue de chevet, tes quelques plaisirs secrets,
Ta bouche aux lèvres pulpeuses et graciles,
Tes touchers qui font palpiter mon cœur avec ardeur.

Ton regard complice si l’on s’enlace ;
Ton corps sublime, sans que jamais je m’en lasse,
Ces instants magiques qui ne s’enlisent que très rarement,
Qui m’éloignent d’un désœuvrement tragique jusque là ressenti rapidement.

Notre indépendance,
Notre différence,
Notre altitude,
Notre complétude.
Nos luttes,
Tes turluttes.

Avec toi, le plaisir charnel semble naturel, d’un amour si sûr et éternel ;
Avec toi, le désir sexuel paraît irréel, d’un amour si pur et sensuel.

Le long de ta nuque, jusqu’aux grains de beauté,
Je me souviens de chaque détail de ton corps éthéré.

Mes pattes, sur ton corps,
Sur ton corps sublime ;
J’en pâtis, m’épate et m’abîme
A y songer encore.

Paralipse

Ce truc en tête,
Ce truc n’est pas présentable ;
Ce truc dans tête,
Ce truc qui fout mal de crâne.

Vise entre les lignes,
Diff’ parmi les dignes,
Use par les signes,
Vrai jeu entre cygnes.

Navigue entre les lignes,
Pilonne parmi les dignes,
Sillonne par les signes,
Vrai feu entre deux cimes.

Entre lèse et estime,
Entre, leste, en cet hymne,
Estime tant de lettrisme,
Esprit entend truisme.

Ce suc en tête,
Ce suc n’est pas palpable ;
Ce suc de poète,
Ce suc qui fouille dans l’âme.

Pureté

Aucune règle, aucun mensonge,
Ne refrènent mes songes.
Où le temps ne subsiste plus,
Tu me surprendras nu.

Exaltation fantasque,
Illusion sans masque ;
Juste être, vraiment être,
Dans l’acceptation et la compassion.

Prédication tutélaire, sens, saveur ;
Rédemption libertaire, sens, sauveur ;
Revanche à l’encontre de l’iniquité,
Pervenche contre la frivolité.

Endosser l’erreur vénielle,
Ambroisier la fureur du ciel,
Emporter la douceur du sel,
Embrasser, sans douleur, tel quel.

Supernova

Eveil seul dans le noir,
Exempt de soleil à l’horizon.

Vint enfin un brin d’amertume
Dans la céleste brume,
Brave lueur espoir.
En conséquence se nouent des fragments,
En un élémentaire instant.

Primordial matin sans couleurs rougeoyantes,
Autre aurore déconfite aux vains confins de l’attente.

Maître de cet Univers,
Autoriser à atomiser son ressenti à l’infini.
Mais cette immuable expansion le perd.
Un simple regard en arrière le sidère,
Et il dévisage le plus grand désastre.

Qu’est-ce que la réalité ?
Qu’est-ce que la fiction ?

Interrogation divine que l’on ne peut deviner
Pas à pas, de l’intérieur, en introspection.

Nomade unique, à la poursuite de la Monade galactique ;
Nouvelle observation
Qui fonde tant de tensions.
Attention,
Voilà une gravitation en perdition.

Projecteur fatal sur un noyau brûlant,
S’apprêtant à exploser en une fondamentale fureur.
Sans erreur sidérale, loin du paradoxe impérissable
Stellaire réponse à repenser en deux échos de mots.

 

Siège

Je me consume,
Pendant qu’ils se consolent
En consommant.
Tout est si lent
Dans le silence

Omnium omniprésent,
Homologué par les omnipotents.
Si la farce paraît factice,
Elle fabrique néanmoins les Hommes dans l’éternel
Depuis presque trop longtemps,
Tronquant la frêle senteur naturelle
Contre une pelle de malices
Pour le moins tranchante.

Si abscons d’assumer la faim,
Je suis bien trop cynique pour y mettre fin ;
S’il ne reste plus rien,
Laissons tout au Malin.

En orphelin,
J’hallucine d’être un avec toi ;
Enfin,
Se prélasser sur le toit.
Puis, nous pourrions éveiller la lanterne ;
Lutter comme deux zèbres ;
Se poursuivre dans l’ombre d’une caverne ;
S’enferrer allongés dans les ténèbres.

Immensité gênante, eau troublée,
En attendant que l’on s’harasse et crève.
Si l’on ne concourt plus dans cette immonde régate,
En ce monde, personne n’est là pour le relever.
Lève les bras et grogne,
Rêve de l’approche au fond du lac ;
Domine et cogne
Pour réduire la cité à une profonde fièvre.

 

Le cercle de la mort

Le parfum de la rose me manque tant ;
Ne reste que le monologue.
L’absence de douceur me bloque,
Dans un instant presque gênant.

Où est la fougue ? Où est l’amour ?
Avec l’arrivée de l’automne,
Ces mots s’éteindront bientôt pour toujours.
La pensée arbore de mornes tracés pour les Hommes.

L’atrocité des hominidés me glace,
Bien que la honte écarte la haine en face.
L’amitié s’éteint ici, puis renaît là ;
Simples cycles, du lever au trépas.

Tout semble mort ou en passe de l’être,
Tout brûlera dans l’âtre du paraître.
Cela semble le cheminement logique
De la destruction de nos âmes obliques.

La vie est si misérable loin du palpable,
L’avenir, doucement, s’enfonce dans le sable.
Si les larmes coulent moins souvent,
Le résultat reste cyniquement inconséquent.