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Dépouiller

Devant moi, une louve et un chacal.
Tension palpable qui couve là.
Je joue les cartes de la carpe,
Du renard et du lion.
Tel un jouet agreste,
J’assiste au procès.
“Endure la plus dure des structures”
Chuchote le chien,
Faible murmure.
Je l’entends pourtant si bien.

Désolé de douter de votre vérité dépouillée,
En questionnant amèrement, mais simplement :
Pourquoi cherchez-vous tant à l’imposer ?
Vous vous méprenez, reprenez vos billets,
Je ne troquerai pas la pensée de mon individualité
Pour me conformer à votre monde rêvé.

Faux idéalistes, avec vous je n’insiste pas exprès ;
Le vrai de vos mots s’en va pulvériser l’incompréhension
De l’existence d’alternatives, si subtiles, si fragiles.
Vous voulez les briser, c’est presque discret.
S’il faut battre en brèche, au risque de vous brusquer,
Je ne céderai jamais à votre fouet à demi visible.

Vengeance

Deux semaines sans sembler semer, assumées.
Retour, piégé en jungle humaine, à saigner,
Pourtant encore loin d’être assommé ;
Prochainement devant, cicatriser, attristé.

Regard noir, armure impénétrable ;
Elle veut me voir passer à table.
Plus dur est la certitude,
Plus sûr de prendre de l’altitude.

Malheur sur une neige beige,
Ai-je aussi tué ton cœur ?
Oui, dilapidons la vérité en place publique
Cette affaire en sera bien plus ludique.

Rumination mentale, tu n’es pas de taille.
Dans mes entrailles, rien ne fait sens,
Hormis l’exaction de sentiers en parallèle,
Ou l’attente de l’impasse en bout de ruelle.

En revanche, si le remord t’accable,
Accomplie est ta vengeance froide.
Patienter et endurer à jamais,
Ou décaler d’une réalité en silence.
Vivre chaque jour comme un dimanche,
Tout ceci est sans importance.

Plein de vide

Le vide me remplit à nouveau
De cette fameuse tristesse.
En bas de gamme,
Ô, seule note qui sait résonner sans cesse.

Dans cette trame odieuse,
Ne reste qu’à prétendre au dernier soupir ;
Encore que le cycle est secoué
Et s’entrecoupe de coups fourrés.

En quête des souvenirs,
Si le manque, de fait, se fait ressentir,
Une chose s’est pourtant brisée.
Je mendie le temps pour la réparer.

Frêle effort, cela effraie ;
Effarante vie de chien.
Rester ou partir, éternellement souffrir.
N’efface rien dudit chagrin, éphémère effet.

Malgré le test, l’énigme reste triomphante,
Impossible de s’avancer en dilettante.
Que faut-il accomplir pour combler
Ce fameux vide … s’attendrir ?

Éclats

Chaque nouvelle expérience absurde
Absorbe une parcelle de mon âme,
Me laissant mi perplexe, mi muet,
Clauses égales à la vue d’une sublime femme.

De cette vaine danse,
J’encaisse, avant de subir le drame ;
Me mouvant sans cesse, et ce, insensiblement,
Encerclé par l’austère fureur.

Pour éviter une grossière erreur,
J’essuie le charme.
Désormais si pauvre,
Infertile écueil,
Un impassible armé du sourire à toute épreuve,
Considérable souvenir de l’infinité du deuil.

Frôler le spectre

Cherche un partenaire qui accompagnera et soutiendra …
C’est sans doute mieux si on se croise juste ;
Priorité et préoccupations différentes des gens différant à ça ;
Prend garde, si tu le toises plus,
Tu te perdras dans la migraine de l’âme.

Si tu restes, il ne lui reste plus qu’à monologuer sur ses intérêts spéciaux,
Échec à mettre en place des relations avec les amateurs,
Oui, sérieux avantage loin des codes sociaux.
A tord, ou à raison, il n’aime pas les réunions d’agitateurs.
Solitude et tête-à-tête, seuls moyens pour se remettre des émotions.

Drôle d’utilité des souvenirs de situations sociales passées,
Exploitées pour déterminer ce qu’il convient de faire ou de dire,
(Tout en se préparant au pire)
Désynchronisation de la conversation,
Erreur sociale en pleine manifestation,
Bientôt sortir devient une obligation.

Les problèmes ne surviennent que lorsqu’un autre rentre dans la pièce,
Plus à l’aise si l’intervention est brève,
Ou si l’objectif est déterminé ;
En attendant le moment où tu percevras la face voilée de la pièce,
Attention, la bête peut être relativement honnête.
Allégeance à la vérité, non à la fausse sensibilité

Des gens, envie d’hurler que ces conversations n’ont pas d’intérêt ;
Mais il doit se taire, il le sait.
Être en société est épuisant.
Échec cuisant, il va te planter là ;
C’est vraiment navrant, enfin juste pour toi,
Car pour lui, ce n’est pas méchant.

Le cercle de la mort

Le parfum de la rose me manque tant ;
Ne reste que le monologue.
L’absence de douceur me bloque,
Dans un instant presque gênant.

Où est la fougue ? Où est l’amour ?
Avec l’arrivée de l’automne,
Ces mots s’éteindront bientôt pour toujours.
La pensée arbore de mornes tracés pour les Hommes.

L’atrocité des hominidés me glace,
Bien que la honte écarte la haine en face.
L’amitié s’éteint ici, puis renaît là ;
Simples cycles, du lever au trépas.

Tout semble mort ou en passe de l’être,
Tout brûlera dans l’âtre du paraître.
Cela semble le cheminement logique
De la destruction de nos âmes obliques.

La vie est si misérable loin du palpable,
L’avenir, doucement, s’enfonce dans le sable.
Si les larmes coulent moins souvent,
Le résultat reste cyniquement inconséquent.

Hommage à la Catalogne

À Bruxelles, c’est le silence.
On ne sait pas encore de quel côté de la balance penche la finance.
Non pas qu’elle soit forcée d’en choisir un :
Elle peut rester sereine en souveraine, c’est certain.
En cas de sécession,
La Commission pourra valider le processus d’accession.
Reste une question :
Qu’apportera réellement l’exclusion de cette région ?

À la télévision : « Bonsoir », vite, vile vision tronquée :
Absence du symbole et des drapeaux rouge et noir.
Les élites cherchent encore à éviter la houle de leur pire cauchemar.
Des propagandistes indépendantistes propagent leurs messages sur les réseaux sociaux ;
Certaines images sont manipulées et proviennent de manifestations passées.
On dira que c’est de bonne guerre, chacun défendant ardemment ses idéaux.

Si les milieux radicaux s’emparent de l’affaire,
C’est peut-être pour éclairer ce qu’ils espèrent ;
Mais il est clair que les événements,
Malheureusement,
Ne forme qu’une révolution bourgeoise de plus.
Indépendance ou non, l’ordre ne changera pas plus.

Sans rancoeur, les vainqueurs vanteront les mérites économiques de leur faux libéralisme,
Afin d’asseoir leur pouvoir fraîchement obtenu dans ce faux schisme,
Attaquant le gouvernement espagnol qui, de peur, cède au fascisme.
Comme c’est triste et pourtant fascinant d’assister à ce leurre impotent !
Pourtant cet événement reste important, même si rien ne change vraiment.

Accalmie

Derrière la dune, le vent se déchaîne et déchire le doux silence.
Partie abrupte, à l’abri, mon corps lancinant mute.
Mes yeux et ceux de la machine figent cet instant magique bel et bien présent.
Le crayon ne rechigne pas ensuite pour grossir le trait,
Et la musique parcourt l’ensemble pour parfaire les contours en retrait.

Les éclairages signalent leur présence ;
Le filet des phares s’étire lentement ;
J’observe ce joli spectacle en mangeant ;
Belle esquive de l’esquisse du cycle de la démence.

Deux ombres au loin approchent de mon chemin en promenant leur chien ;
Je reste serein.
De l’autre côté, autre chantier sur le port endormi :
Mes oreilles se réveillent pour suivre rires et cris arpentant la nuit.

Puis, il est temps de fausser compagnie au lieu pour rejoindre les autres.
J’inscris cette étude de la plénitude qui dénude mon âme ;
J’ai passé une bonne heure à scruter les cieux sans craindre l’étau.
Simplement ne pas l’oublier, oui, il suffira d’y retourner si je rame.

Pamphlet

Convictions : reflet
De nos attentes latentes au sommet,
Tromperie dans une urne, en sursis avant la chute
D’une légère brume de tristesse flottant dans la hutte.

Perception altérée
Des écrits poétiques passés.
Tout ceci n’est qu’un pamphlet
Envers ma propre personne.
Et la personne ne répondra pas si je sonne.

L’imaginaire n’a pas d’égal,
En cela il surpasse le réel infernal.
Manteau d’illusions,
Afin de réchauffer
D’une torpeur en mission
Un cœur prisonnier.

On se ferme, on se défend,
Pour se protéger d’une souffrance gisant.
Alors, mes respects.
On se nargue plus qu’il n’y paraît.

Seul, regret de sembler sombre tyran
Pour masquer un esprit pur soupirant,
Ne cherchant qu’acceptation sans intérêt,
Mais se posant pourtant en roitelet,
Trop effrayé d’être mis à nu
Par une si intéressante muse.

Estimation

Mi-regret lorsque la pensée recouvre l’action
Et que la tension perd sa facette positive.
Impuissance qui peut se transformer en invective …
Peut-être suite à un triste silence perçu comme manque d’attention.

Comment agir et interagir si les yeux murmurent “oui”,
Tandis que les corps doutent et que le cœur s’en trouve troublé. Crainte de l’échec nous guidant loin de la raison ; altération de l’ouïe. Pourtant si proche, mais je ne sais si l’on peut se rejoindre, ou seulement y songer …

Nous devrions nous embrasser dans tous les sens de cette douce notion ;
Alors pourquoi cette distance reste si dense si nous nous encensons secrètement ?
Serais-ce simplement ma vision, altérant vainement une factice pulsion ?
Que songer de nos façons de s’aborder, bien que l’on se perçoive balbutiant …

Ai-je sérieusement affaibli mes chances
De conquérir ta mystérieuse existence ?
Je suis apte à l’acte attendu sans surplus indigeste,
Encore que je ne sache plus quels gestes
Il me reste à accomplir
Avant de devoir partir.
Interrogations multiples qui me mutile,
Mais je jubile si tu m’estimes.