Category Archives: Poetry

Silence

Nouvelle naissance,
Non sans non-sens ;
Trop de connaissances
Est agonie.
Reste attentif,
C’est quoi l’motif ?
Appauvris,
Le cycle se recycle
Et récite sa recette ;
Ces mauviettes m’ont mis les nerfs à vif.

Dans cette dystopie millénaire,
J’ai appris à priser l’air
De ma propre prison,
Danse d’une saugrenue vision.
Y’a plus de vie privée,
Laisse moi te guider,
Seul l’esprit peut résister ;
Est-ce inné ?

À dessiner le dessein,
Je me décide,
À me destiner
Et me distancer
De ce cinéma maladroit ;
En quête du chemin droit,
J’zigzag dans le zoo
Là où Bernardo,
Le pote de Zorro,
S’exprime en vain.

Vigilate

Je concédais ; quelque chose viendrait,
Mais j’attends toujours.
Je comptais cette noirceur morose hors du concret,
Mais cela me maintient pourtant contestant tous les jours.

J’assimile le chemin par cœur,
Si les mots roses s’envolent, les maux, eux, restent.
Impossible de rester impassible à ce qui m’écœure ;
Un pas ici et on ne sait si l’on passe le test.

Ma vie, une réplique de l’avenir –
De l’observateur dans Fringe :
C’est-à-dire “September” ; Il ne peut guère intervenir.
Même mission que ses frères.
Juste étudier, éluder les révélations de la Terre,
Explorer la guerre entre les deux univers.

Vole-t-on authentiquement derrière des barreaux ?
J’évolue, comme un enfant en devenir … mais là-haut,
Mon innocence est à demi-morte ;
Le vent s’élève et le temps s’emporte.

Parmi les divergents, j’avance en redoublant de vigilance.
Pourquoi commander une soi-disant créance ?

Siège

Je me consume,
Pendant qu’ils se consolent
En consommant.
Tout est si lent
Dans le silence

Omnium omniprésent,
Homologué par les omnipotents.
Si la farce paraît factice,
Elle fabrique néanmoins les Hommes dans l’éternel
Depuis presque trop longtemps,
Tronquant la frêle senteur naturelle
Contre une pelle de malices
Pour le moins tranchante.

Si abscons d’assumer la faim,
Je suis bien trop cynique pour y mettre fin ;
S’il ne reste plus rien,
Laissons tout au Malin.

En orphelin,
J’hallucine d’être un avec toi ;
Enfin,
Se prélasser sur le toit.
Puis, nous pourrions éveiller la lanterne ;
Lutter comme deux zèbres ;
Se poursuivre dans l’ombre d’une caverne ;
S’enferrer allongés dans les ténèbres.

Immensité gênante, eau troublée,
En attendant que l’on s’harasse et crève.
Si l’on ne concourt plus dans cette immonde régate,
En ce monde, personne n’est là pour le relever.
Lève les bras et grogne,
Rêve de l’approche au fond du lac ;
Domine et cogne
Pour réduire la cité à une profonde fièvre.

 

Novlangue

À l’aube, on s’adapte à l’époque ;
En inapte éclopé, presque apôtre ;
J’fume pas de clope mais …
J’porte, à l’affût, en secret.

Les cours m’auront appris à apprendre ailleurs.
Bienvenue dans la réalité orwellienne,
Danse de l’absurdité humaine,
Ou de la complaisance taciturne d’ailleurs.

Marketons le terrorisme pour légitimer la surveillance ;
Soyons “attentifs ensemble”, tuons l’empathie en avance.
Pas de problème, même sans étiquette je me promène,
Je professe loin de leurs promesses.

Saisir l’épée, puis le sceptre.
Brandir la paix pour tous les siècles ;
Avenir à venir,
Je peux l’observer sans fuir.

Une fissure s’est trouvée entrouverte.
On l’aperçoit perçante comme un spectre.
En dilettante, j’inspecte
Pendant qu’eux siègent sur leur siège.

Dépouiller

Devant moi, une louve et un chacal.
Tension palpable qui couve là.
Je joue les cartes de la carpe,
Du renard et du lion.
Tel un jouet agreste,
J’assiste au procès.
“Endure la plus dure des structures”
Chuchote le chien,
Faible murmure.
Je l’entends pourtant si bien.

Désolé de douter de votre vérité dépouillée,
En questionnant amèrement, mais simplement :
Pourquoi cherchez-vous tant à l’imposer ?
Vous vous méprenez, reprenez vos billets,
Je ne troquerai pas la pensée de mon individualité
Pour me conformer à votre monde rêvé.

Faux idéalistes, avec vous je n’insiste pas exprès ;
Le vrai de vos mots s’en va pulvériser l’incompréhension
De l’existence d’alternatives, si subtiles, si fragiles.
Vous voulez les briser, c’est presque discret.
S’il faut battre en brèche, au risque de vous brusquer,
Je ne céderai jamais à votre fouet à demi visible.

Vengeance

Deux semaines sans sembler semer, assumées.
Retour, piégé en jungle humaine, à saigner,
Pourtant encore loin d’être assommé ;
Prochainement devant, cicatriser, attristé.

Regard noir, armure impénétrable ;
Elle veut me voir passer à table.
Plus dur est la certitude,
Plus sûr de prendre de l’altitude.

Malheur sur une neige beige,
Ai-je aussi tué ton cœur ?
Oui, dilapidons la vérité en place publique
Cette affaire en sera bien plus ludique.

Rumination mentale, tu n’es pas de taille.
Dans mes entrailles, rien ne fait sens,
Hormis l’exaction de sentiers en parallèle,
Ou l’attente de l’impasse en bout de ruelle.

En revanche, si le remord t’accable,
Accomplie est ta vengeance froide.
Patienter et endurer à jamais,
Ou décaler d’une réalité en silence.
Vivre chaque jour comme un dimanche,
Tout ceci est sans importance.

Plein de vide

Le vide me remplit à nouveau
De cette fameuse tristesse.
En bas de gamme,
Ô, seule note qui sait résonner sans cesse.

Dans cette trame odieuse,
Ne reste qu’à prétendre au dernier soupir ;
Encore que le cycle est secoué
Et s’entrecoupe de coups fourrés.

En quête des souvenirs,
Si le manque, de fait, se fait ressentir,
Une chose s’est pourtant brisée.
Je mendie le temps pour la réparer.

Frêle effort, cela effraie ;
Effarante vie de chien.
Rester ou partir, éternellement souffrir.
N’efface rien dudit chagrin, éphémère effet.

Malgré le test, l’énigme reste triomphante,
Impossible de s’avancer en dilettante.
Que faut-il accomplir pour combler
Ce fameux vide … s’attendrir ?

Éclats

Chaque nouvelle expérience absurde
Absorbe une parcelle de mon âme,
Me laissant mi perplexe, mi muet,
Clauses égales à la vue d’une sublime femme.

De cette vaine danse,
J’encaisse, avant de subir le drame ;
Me mouvant sans cesse, et ce, insensiblement,
Encerclé par l’austère fureur.

Pour éviter une grossière erreur,
J’essuie le charme.
Désormais si pauvre,
Infertile écueil,
Un impassible armé du sourire à toute épreuve,
Considérable souvenir de l’infinité du deuil.

Monde en carton

À nouveau, l’essence s’anime et s’aligne,
Tout se liera bientôt en ces lignes.
Le chaos quotidien s’éclipse
Pour une symphonie si subtile.
Les violons et le piano,
Le champ des oiseaux en leur sillon ;
Les voix d’anges planant au-dessus, si haut !
Chefs d’orchestre d’une ordonnée lamentation,
Divinement élégante de tension.

Dix minutes de méditation, céleste équilibre ;
Enfin libre. Probité de l’action ;
Et qui le sait pourchasse toujours cette poésie.
Oui, je ne le nie,
L’autonomie la génère sans permission.
En face : des ex-individus,
Perdus sans mère mission.
Aucune sincérité ne siègera jamais crue
En terre du démon.
Les masques ne trépassent
Qu’à l’arrêt pentu
De ce monde en carton.

Frôler le spectre

Cherche un partenaire qui accompagnera et soutiendra …
C’est sans doute mieux si on se croise juste ;
Priorité et préoccupations différentes des gens différant à ça ;
Prend garde, si tu le toises plus,
Tu te perdras dans la migraine de l’âme.

Si tu restes, il ne lui reste plus qu’à monologuer sur ses intérêts spéciaux,
Échec à mettre en place des relations avec les amateurs,
Oui, sérieux avantage loin des codes sociaux.
À tord, ou à raison, il n’aime pas les réunions d’agitateurs.
Solitude et tête-à-tête, seuls moyens pour se remettre des émotions.

Drôle d’utilité des souvenirs de situations sociales passées,
Exploitées pour déterminer ce qu’il convient de faire ou de dire,
(Tout en se préparant au pire)
Désynchronisation de la conversation,
Erreur sociale en pleine manifestation,
Bientôt sortir devient une obligation.

Les problèmes ne surviennent que lorsqu’un autre rentre dans la pièce,
Plus à l’aise si l’intervention est brève,
Ou si l’objectif est déterminé ;
En attendant le moment où tu percevras la face voilée de la pièce,
Attention, la bête peut être relativement honnête.
Allégeance à la vérité, non à la fausse sensibilité

Des gens, envie d’hurler que ces conversations n’ont pas d’intérêt ;
Mais il doit se taire, il le sait.
Être en société est épuisant.
Échec cuisant, il va te planter là ;
C’est vraiment navrant, enfin juste pour toi,
Car pour lui, ce n’est pas méchant.