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Un engagement pour la diversité

          S’il vous plaît, avant de critiquer cet article, assurez-vous d’intégrer le fait qu’il s’agit de ma propre réflexion, et non pas d’une vérité absolue. Je n’essaie pas de créer un conflit, mais plutôt de maintenir un dialogue. Ma pensée personnelle n’est pas meilleure qu’une autre.

          Un matin, il y a quelques mois, j’ai reçu un mail commercial d’une des plus grandes plateformes en ligne de musique électronique aujourd’hui : EDM.com. Si je suis dans leur base de données, c’est parce que je les ai contactés il y a plus de trois ans pour promouvoir une de mes compositions (qui n’est plus disponible sur leurs médias à ce jour). Et ils l’ont fait ! J’ai eu quelques morceaux diffusés avec eux (dubstep & trap). Dans ce cas, ma composition était assez peu conventionnelle, minimaliste et orienté “orchestre classique”. Il y avait plus de 250 commentaires, qui auraient pu être séparés en deux camps manichéens : “ce n’est pas du dubstep” et “si, c’est juste que tu ne connais rien à ce sujet”. À cette époque, il était encore possible d’entendre des variétés de dubstep sur leurs différentes pages en ligne. La plate-forme “Dubstep” a régulièrement partagé et publié les promotions de Keep Deep sur ses médias, une chaîne consacrée au côté plus profond de la culture. “Dubstep”, en publiant principalement du “brostep”, et dernièrement du “riddim” (ou un mix grand public des deux), possède maintenant 1M d’abonnés, tandis que Keep Deep est proche de 27k abonnés.

          Néanmoins, afin d’apporter une nuance, NAZA, la tête pensante derrière Keep Deep, n’a pas promu que des bons morceaux à cette époque, ce qui a apporté une mauvaise image au sous-genre. C’est peut-être pourquoi aujourd’hui EDM.com et Keep Deep ne semblent plus liés (en tout cas il n’y a pas d’affiliation apparente). Les pauvres œuvres promues par Keep Deep ont favorisé une vision simpliste de la scène auprès de l’auditeur industriel, qui perçoit les sons commerciaux du dubstep comme le véritable aboutissement artistique, créant ainsi une image négative du deep dubstep pour les personnes qui n’évoluent pas directement dans la subculture, qui est ensuite enfermé dans une image presque strictement expérimentale. Le sous-genre est laissé à ceux qui cherchent à améliorer leur technique avant de pouvoir briller au milieu des projecteurs en produisant du brostep. Ce processus masque souvent des artistes dubstep de qualité, perçus comme « pas sérieux» ou pas assez talentueux. Sans oublier qu’il est difficile d’apprécier le sous-genre à sa juste valeur sans un équipement sonore adéquat, car l’accent est mis sur la partie inférieure du spectre, ce qui peut le rendre trop minimaliste, et probablement trop novice, pour les oreilles d’un auditeur moyen.

 

          En bref, aujourd’hui, il semble que pousser la variété de la culture dubstep ne soit plus dans l’intérêt d’EDM.com, et cela pour plusieurs raisons. L’aspect violent est surreprésenté dans l’industrie de la musique, sinon le seul réellement promu (TRUTH pourrait être l’une des exceptions cela dit). D’une manière vulgaire, c’est souvent comme entendre des rejets malades de Scary Monsters et Nice Sprites pour l’éternité. Il semble que les gens qui produisent cela ont une imagination diminuée par un but économique, ce qui entraîne une personnalité qui ne peut exister qu’en copiant ce qui fonctionne avec le grand public, essentiellement ce que l’on nomme l’« art commercial». En d’autres termes, des produits de consommation. C’est comme entendre la même pièce, encore et encore. Sauf que cette pièce est appauvrie qualitativement à chaque nouvelle tentative.

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A commitment to diversity

          Please, before criticizing this article, be sure to incorporate the fact that it’s my own reflection, not an absolute truth. I am not trying to create a conflict, but rather to maintain a dialogue. My personal thinking  is no better than another.

           One morning a few months ago, I received a commercial mail from one of the biggest online platforms of electronic music today: EDM.com. If I’m in their database, it’s because I contacted them a little more than three years ago to promote one of my compositions (it’s no longer available on their media to this day). And they did! I had a few uploads with them (dubstep & trap). In this case, my composition was quite unconventional, minimalist and “classical orchestra” oriented. There were more than 250 comments, which could have been separated into two Manichean camps: “it’s not dubstep” and “it is, it’s just that you know nothing about it.” At that time, it was still possible to hear varieties of dubstep on their various web pages. The “Dubstep” platform even regularly shared & reposted Keep Deep‘s uploads on their medias, a channel devoted to the deeper side of the culture. “Dubstep”, mainly posting “brostep”, and lately “riddim” oriented stuff (or a mainstream mix of both), now has 1M subscribers, while Keep Deep is close to 27k subscribers.

           Nevertheless, to bring a nuance, NAZA, the leading head of Keep Deep, promoted not that good pieces of music repeatedly at that time, which brought a wrong image to the subgenre. That may be why today EDM.com and Keep Deep seem no more related (at least there is no apparent affiliation). The poor pieces promoted by Keep Deep favored a simplistic view of the scene for the industrial listener, who perceives the commercial sounds of dubstep as the real artistic outcome, thus creating a negative image of deep dubstep for people who don’t evolve directly into the subculture, which is then enclosed in an almost strictly experimental image. The subgenre is left to those looking to improve their technique before being able to shine in the middle of the spotlight by producing brostep. This process often masks quality dubstep artists, who are perceived as “not serious” or not enough talented. Not to mention that it’s difficult to appreciate the subgenre at fair value without a proper sound equipment, as its main focus is on the lower side of the spectrum, which can make it all too minimalist, and probably too fledgeling, for the ears of an average listener.

 

           In short, today it appears that pushing the variety of dubstep culture is no longer in the interest of EDM.com, and this for several reasons. The violent aspect is over-represented in the music industry, if not the only one actually promoted (TRUTH could be one of the exceptions tho.) In a vulgar way, it’s often like hearing sick rejects of Scary Monsters and Nice Sprites for eternity. It seems that the people who produce this have an imagination diminished by an economic goal, leading to a personality that can only exist by copying what works with the general public, basically what we call “commercial art”. In other words, consumer products. It’s like hearing the same piece, over and over again. Except that this piece is impoverished qualitatively at each new attempt.

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Comment les structures sociales et idéologiques influent sur une production culturelle ?

Comment les structures sociales et idéologiques influent sur une production culturelle ? (Analyse au travers des Règles de l’art de Bourdieu)

Une structure sociale est un ensemble de relations unissant les individus membres d’une même organisation au sein d’une société à une époque donnée. Une idéologie est un ensemble plus ou moins cohérent d’idées, de croyances et de doctrines philosophiques, religieuses, politiques, économiques, sociales, propre à une époque, une société, une classe et qui oriente l’action. Une idéologie est typiquement imposée d’autorité, par un endoctrinement (enseignement) ou de façon imperceptible dans la vie courante (famille, media). Une idéologie dominante est diffuse et omniprésente, mais généralement invisible pour celui qui la partage du fait même qu’elle fonde la façon de voir le monde. Elle peut se voir octroyer une valeur dépréciative, l’idéologie dominante étant une superstructure de la société dont elle émane et qu’elle soutient. C’est notamment le cas dans le cadre du marxisme où cette construction intellectuelle créée une vision du monde qui masque la réalité, c’est à dire la poursuite d’intérêts matériels égoïstes renforçant la domination d’une structure sociale privilégiée. Une production culturelle est un processus par lequel une personne exerce une activité qui cumule un facteur de travail et un facteur de capital. Cette activité exprime et affirme une vision du monde, commune, ou non, à un groupe d’individus.

Il semble nécessaire de s’arrêter sur l’analyse de Bourdieu quant aux classes sociales, qui structure une société donnée dans un temps donné. Le sociologue concilie la position réaliste de Marx – les classes ont une réalité objective et ne sont pas uniquement des catégories construites par le sociologue – et la conception nominaliste de Weber – les classes sociales ne sont qu’une construction de l’observateur et non une représentation de la réalité, produit de ce que le sociologue nomme et n’ont pas nécessairement une existence réelle dans la société. Bourdieu établit une distinction entre « classe virtuelle » et « classe réelle », les classes sociales étant une construction intellectuelle (même si un travail de mobilisation politique peut les conduire à devenir des acteurs politiques). Ainsi, le capital culturel (l’éducation) est une ressource, au même titre que le capital économique (les revenus et le patrimoine) et le capital social (les relations familiales, amicales et professionnelles, le prestige et la maîtrise des « règles du jeu »), et permet de définir une position de classe par le biais d’un « volume de capital possédé ». Plus le capital est élevé et plus la classe est élevée, et inversement. Pour Bourdieu, c’est le sociologue qui construit les classes sociales en rassemblant des individus possédant une même position de classe : l’analyse du capital et de la place dans l’espace social des individus permet de définir des « classes probables ». Continue reading Comment les structures sociales et idéologiques influent sur une production culturelle ?