Énergie

Je n’ai plus d’énergie, j’ai tout donné ;
Je n’ai plus rien pour moi, me voilà désœuvré ;
J’ai supporté le poids durant toute la journée ;
– Non, je ne sais pas exprimer correctement ce qu’il se passe au fond,
C’est dur à expliquer.

Conjointement je peux écouter,
Je peux m’adapter,
M’écailler,
Me dompter.

J’ai tout donné pour œuvrer à ton seul sourire ;
L’as-tu sincèrement perçu au-delà de tes propres peurs ?
Depuis, mon énergie s’est dissipée, partie ailleurs.
Peut-être reviendra-t-elle demain pour mieux s’enfuir ?

Je suis déçu,
Déchu de moi-même,
Appauvri de mon essence
Par ma seule intermittence.
Oui, j’en suis seul responsable !
Rien de ceci n’est palpable.

Ma terre est sèche ;
Comme ce vent si frais,
Je sifflote en silence
Car le temps s’y prête.

Que reste-t-il de moi si je ne suis plus ?
Je me fais cynique un instant,
Rien qu’un court instant,
Insufflant une action incisive, pourtant invisible ;
Au moins prêt au pire, prétextant l’impossible.

Décidément ancré dans un délire dense,
Posant un questionnement perturbant
M’amenant à une action quasi humiliante,
Fruit de ma propre production,
Ironique punition.

Tant de tristesse souvent cachée,
Je ne sais comme délivrer des litres sans délier des lignes d’idées.
L’épuisement apporte cet état de fatigue déprimant
Où seule l’absence peut forcément facilement figer le temps.

Enfin, je me suis tu,
Et voici ma tessiture.